Prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie

Comment agir face à une hypothyroïdie ?…Protocoles complets incluant l’hygiène de vie, la micronutrition et les plantes médicinales..

(Article 3/4 d’une série dédiée au fonctionnement thyroïdien…Le 2ème est ici)

Le dysfonctionnement thyroïdien est validé par vos différents outils d’expertise..

Article 1/4 de la série : « Comment détecter un dysfonctionnement thyroïdien grâce aux analyses biologiques ». Et pour aller encore plus loin dans l’expertise de la fonction thyroïdienne, cliquez ici ! (contenu accessible d’ici quelques semaines)

Vous êtes face à une hyperthyroïdie ou face à une hypothyroïdie..

Elle peut être «avérée» ou «frustre» (selon son degré de sévérité)

Elle peut être aussi d’origine auto-immune ou pas

À noter : Un dysfonctionnement thyroïdien peut aussi être conséquent d’une insuffisance hypothalamique ou hypophysaire (cas rares)

Avec ce 3ème article, nous allons voir quelle stratégie naturopathique il est avisé de mettre en place lors d’une hypothyroïdie non liée à une insuffisance hypothalamo/hypophysaire…

Tout en sachant que si l’hypothyroïdie est avérée, cette stratégie devra être mise en place après la visite chez le médecin, en parallèle du traitement préconisé par ce dernier ;

Si l’hypothyroïdie est frustre, cette stratégie devra être mise en place au plus vite afin d’éviter une accentuation du trouble (et donc le passage au stade avéré et au traitement allopathique) et permettre en outre une amélioration progressive de la fonction thyroïdienne ;

Si l’hypothyroïdie est d’origine auto-immune, cette stratégie sera différente de celle de l’hypothyroïdie non auto-immune…

Mais pour commencer, et ceci afin de bien comprendre le contenu de ces différentes stratégies, rappelons déjà ce qui fait le lit des ralentissements thyroïdiens…

(Les stratégies thérapeutiques de l’hyperthyroïdie seront traitées dans le prochain et dernier article)

À l’origine de ralentissements de la fonction thyroïdienne

Il existe 3 causes principales aux ralentissements thyroïdien…

1-Pour commencer, rappelez-vous, la batterie énergétique est à la fois constituée du système nerveux et du système glandulaire, et lorsque le système nerveux faiblit, le système glandulaire (dont la thyroïde et ses hormones stimulatrices) prend naturellement le relais..

En cas de fatigue nerveuse donc (manque de sommeil, excès de travail, surexcitation psychique, etc.), chez certains (généralement des thyroïdiens), la thyroïde s’active trop (augmentation++ de la production d’hormones) afin de relayer le système nerveux dépassé..

Si le surmenage persiste, la thyroïde va finir par s’épuiser à force de relayer (= hypofonctionnement, après hyperfonctionnement)…

Sans oublier que le stress (physique et psychique) élève le taux de cortisol et qu’un taux de cortisol élevé diminue la production d’hormones thyroïdiennes actives (voir encart suivant)..

En résumé, lors de troubles thyroïdiens (hyper ou hypo), il faut commencer par régénérer le système nerveux afin qu’il puisse soulager la thyroïde…

Il faut aussi travailler sur la baisse du taux de cortisol par une diminution du stress

2-En dehors de l’hygiène nerveuse, il faut aussi penser aux éventuelles carences (iode, fer, selenium, zinc,…) pouvant être à l’origine d’une baisse de production d’hormones thyroïdiennes et/ou de la conversion des T4 en T3 actives

Dans le même registre, il faut aussi penser aux autres facteurs (obésité, faiblesse hépatique, hyperoestrogénie, taux de cortisol élevé.. déjà évoqué plus haut, métaux lourds, etc.) pouvant être à l’origine d’une perturbation de conversion des T4 en T3 actives..

Rappel des principales causes de baisse d’hormones thyroïdiennes actives :

 

La synthèse de T3/T4 est dépendante d’éléments de construction (tyrosine et iode) et d’une enzyme et ses cofacteurs (fer, sélénium, zinc, mobylène, manganèse, vit D et vit A). Une carence en un ou plusieurs de ces différents éléments peut donc être à l’origine d’une baisse de synthèse de T3/T4…

 

La T4 (quasiment inactive) doit être convertie en T3 pour devenir active, et 60% de cette conversion s’effectue au niveau du foie, et ceci grâce à une enzyme et à ses cofacteurs (fer, sélénium, zinc, mobylène, magnésium, vit B6, vit E et C). Une fonction hépatique pas optimale, un manque d’enzyme et/ou de cofacteurs peut donc aussi contrarier la production de T3 actives…

 

L’obésité (via l’augmentation de la leptine, entre autre), le cortisol en excès, les expositions aux métaux lourds, sont aussi des perturbateurs de la conversion des T4 en T3 actives..

 

L’hyperoestrogénie fait également baisser le taux d’hormones thyroïdiennes actives (voir article 2), mais par d’autres mécanismes…

 

Chacun de ces facteurs doit donc être pris en charge (si besoin) quand on veut optimiser le fonctionnement thyroïdien…

3-Si l’hypothyroïdie est d’origine auto-immune (Hashimoto), en revanche, ce n’est pas la thyroïde qui n’arrive pas à fabriquer ses hormones, mais c’est le système immunitaire qui détruit peu à peu les cellules de la glande, causant ainsi le déclin de la production d’hormones …

À retenir : Dans l’hypothyroïdie d’origine auto-immune, dont la plus commune est la maladie d’Hashimoto, la thyroïde ne fonctionne pas mal d’une manière intrinsèque, mais elle diminue en taille par l’attaque du système immunitaire..

 

Ce qui veut dire que la stratégie thérapeutique doit prioritairement viser la modulation de l’immunité, et ceci afin de protéger la glande de la destruction de ses cellules productrices d’hormones (ou thyrocytes)…

 

Quant à booster la production des T4/T3 par une complémentation en matériaux de construction (iode et/ ou sélénium et/ou zinc, tyrosine,…), hormis si carence avérée, ce serait contreproductif à plus ou moins long terme.

En effet, par cet apport supplémentaire de matériaux de construction, la thyroïde fonctionnerait certes plus fort au début. Mais finirait par s’épuiser à fonctionner plus activement sur un nombre de thyrocytes limité…

 

En conclusion : « La modulation de l’immunité » va être le cœur de la stratégie thérapeutique de l’hypothyroïdie auto-immune (Hashimoto,…)

Prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie, en pratique…

Qu’elle soit d’origine auto-immune ou pas, la prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie passe déjà par une régénération du système nerveux et la gestion du stress..

Rappel : le SOMMEIL est le leader de la régénération physique et psychique..

+++ de sommeil donc, du repos+++, de la relaxation, des bains chauds, du sauna, des massages, l’hypnose, l’EFT, la méditation, le yoga, la respiration, l’exercice physique (sans excès…voir plus bas), un travail psycho si besoin, la sophrologie, l’acupuncture, des contacts fréquents avec la nature, une alimentation riche en micronutriments …Bref, tous ces outils de régénération nerveuse et psychique (à choisir selon les besoins et les personnalités)..

Précision : En dehors du fait d’être le meilleur outil de gestion du stress, des tensions et de l’élimination des toxines, l’exercice physique d’endurance pas trop intensif stimule la production d’hormones thyroïdiennes..

En pratique, en cas d’hypothyroïdie, si la personne n’est pas totalement épuisée, conseillez lui 1h de vélo (ou autre outil d’endurance) 1 fois par semaine. Pas plus. Et pas trop intensif le pédalage (l’exercice plus intense et plus fréquent sera pour le jour où le corps aura retrouvé de l’énergie)

Pour gérer le stress, on peut aussi ajouter les plantes adaptogènes (rhodiole, ashwagandha, astragale de chine,…), mais attention, certaines d’entre elles peuvent stimuler le système immunitaire chez certains, ce qui n’est pas conseillé en cas de processus auto-immun (voir plus bas)

Il faut aussi penser à une alimentation riche en micronutriments nécessaire au bon fonctionnement de la cellule nerveuse…(Voir Psychonutrition, outils pratiques pour plus de détails)

À noter encore que le relâchement nerveux va aussi permettre à la vitalité de remonter, et que l’augmentation de cette vitalité va en outre permettre une meilleure élimination des toxines..

Rappel : l’encrassement organique est le lit des dysfonctionnements organiques. Une meilleure santé organique passe donc aussi par une meilleure élimination des toxines…

Après l’hygiène nerveux donc, on revoie l’assiette..

On incite la personne à revenir au régime biologique humain…(et sans produits laitiers bovins)..

À y intégrer des sources alimentaires d’éléments nécessaires à la construction des T4 et T3 ou à leur conversion, comme l’iode (poissons, coquillages, algues, cresson, abricot…), le sélénium (noix du brésil….), le zinc, le fer, les vit B …

À noter : Les noix du brésil sont très riches en sélénium. Une noix de 5 g fournit un apport en sélénium d’environ 95 µg. 2 noix par jour peut être suffisant pour un apport additionnel sans risque..

 

Rappel : Un excès de sélénium peut entraîner des problèmes gastro-intestinaux, la perte de cheveux, des ongles cassants, de la fatigue, de l’irritabilité, des névralgies…

Vérifiez aussi que la personne ne consomme pas trop de substances goitrigènes crues (soja, toutes formes de choux, graines de colza, millet, etc., diètes riches en calcium,…), prises crues en excès, ces substances empêchent la captation de l’iode chez les sujets sensibles (d’où probable présence de goitre)

Rappel : Certains médicaments sont également goitrigènes : iodure en excès, antithyroïdien de synthèse, amiodarone, carbonate de lithium, phenylbutazon.

Parallèlement, on optimise les digestions, ce qui va permettre de limiter l’encrassement organique, d’améliorer l’assimilation (donc le statut en nutriments et micronutriments), d’économiser de l’énergie (qui va servir à la régénération organique), de limiter l’inflammation intestinale et donc la porosité de la muqueuse…

Si une carence en iode est avérée (par l’iodurie), on ajoute un complément d’iode (algues) aux sources alimentaires d’iode…

Si l’on complémente en iode, on pense à avoir de bons apports alimentaires (ou un complément) en sélénium..

À noter : Les chercheurs pensent qu’une carence en sélénium peut amplifier les effets de la carence en iode sur la fonction thyroïdienne, et qu’un niveau correct en sélénium peut aider à protéger contre certains effets neurologiques dus à une carence en iode. Les chercheurs impliqués dans l’étude SUVIMAX (Supplémentation en Vitamines et Minéraux AntioXydants) en France, qui a été réalisée afin d’évaluer les effets des suppléments de vitamines et minéraux sur les risques de maladies chroniques, a évalué les relations entre les goitres et le sélénium dans un sous-ensemble de population issue de la recherche. Leurs découvertes suggèrent que les suppléments en sélénium peuvent protéger contre le goitre…

Si la ferritine est basse, on pense à complémenter en fer (ex : spiruline enrichie en fer,…)

Une prise journalière de multi-vitamines/minéraux (dont zinc, sélénium, vit B, vit C, …) est également recommandée pour combler l’ensemble des carences (dont sélénium)

Rappel : Lors d’hypothyroïdie auto-immune, on ne cherche pas à booster la production d’hormones pas un apport en suppléments d’éléments nécessaires à la construction des T4 et T3 ou à leur conversion, hormis si carences avérées :

 

C’est de la modulation de l’immunité qu’il faut s’occuper..

 

Lutte donc contre les intolérances alimentaires, l’inflammation intestinale, la porosité intestinale, le candidose chronique intestinale, les infections froides (borrélioses..)…

 

La vit D étant nécessaire au bon fonctionnement immunitaire, le statut en vit D doit également être vérifié, d’autant qu’une étude montre que la présence d’anticorps anti-thyroïde est inversement corrélée au niveau de vitamine D chez les patients souffrant de problème auto-immune de thyroïde (Hashimoto), et qu’une une déficience en vitamine D semble courante chez les patients souffrant de nodules thyroïdiens (ou de cancer de la thyroïde)

Comme indiqué dans l’encart ci-dessus, l’optimisation de la santé intestinale est donc au cœur de la stratégie de l’hypothyroïdie d’origine auto-immune..

L’arrêt du gluten semble également indispensable…

Certaines études démontrent une corrélation entre anticorps anti gluten et problèmes de thyroïdes auto-immunes (Hashimoto et Basedow). En fait, la structure moléculaire de la gliadine, la portion protéinique du gluten, ressemble curieusement à certaines protéines de nos tissus thyroïdiens. Et lorsque la gliadine traverse la paroi intestinale et entre en circulation sanguine, le système immunitaire s’y attaque et au passage, s’attaque à la thyroïde…Bref, le système immunitaire finit par se tromper d’ennemi..

…Tout comme les aliments source d’intolérances alimentaires (lactose, protéines laitières, …)…

La candidose intestinale doit également être réglée (suppression des sucres + huiles essentielles + probiotiques spécifiques), les infections froides aussi…

Voyons maintenant quelques pistes de plantes médicinales qui peuvent aider en cas d’hypothyroïdie

Hypothyroïdie et plantes médicinales

Si stress, il faut penser aux plantes adaptogènes qui vont optimiser la conversion des T4 en T3 et vont permettre de stabiliser le système immunitaire par leur action sur le taux de cortisol…(ne pas oublier de lire l’article Protocoles anti-stress plantes et micronutrition) .

Dans ces plantes, on trouve la rhodiole, l’astragale de chine et l’ashwagandha, bien que ces 2 dernières plantes ne soient pas conseillées en cas de processus est auto-immun car elles peuvent (dans de rares cas) trop stimuler l’immunité

S’il y a perméabilité et/ou inflammation intestinales, on pense au curcuma, au réglisse (pas si HTA et pas en prise constante), au sureau

S’il y a allergie alimentaire, on pense au desmodium

La résine de gugul, quant à elle, améliore la conversion des T4 en T3 et l’utilisation de l’iode par la thyroïde. Elle est également particulièrement indiquée lorsqu’il y a hypercholestérolémie…

L’hyperoestrogénie, les problèmes hépatiques, etc., peuvent également être améliorés par des plantes médicinales. Le tout est donc de bien définir le problème en amont..

Pour finir, autres outils à intégrer à votre stratégie…

Les flexions latérales de la tête, le chant (par les vibrations qu’il crée), certaines postures de yoga, permettent de stimuler la production d’hormones thyroïdiennes …

L’optimisation de la circulation sanguine (massages, exercice physique doux, sauna…) est également primordiale lors des troubles endocriniens : le sang étant le véhicule des hormones jusqu’aux organes cibles…

La qualité de la membrane cellulaire et de ces récepteurs (à hormones) est aussi à maximiser, d’où un réajustement des acides gras consommés si besoin…

 

Voir ici le 4ème et dernier article de cette série dédiée au fonctionnement thyroïdien: l’hyperthyroïdie en naturopathie, protocole complet

 

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4 commentaires

  1. Coco 21 mai 2017
    • Véronique Duivon 21 mai 2017
  2. Chantal 9 septembre 2017
    • Véronique Duivon 10 septembre 2017

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