Prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie

Les bases de la prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie

Avant de lire cet article, je vous conseille de lire celui là :

Comment détecter un dysfonctionnement thyroïdien grâce aux analyses biologiques

Et pour les autres articles en lien avec la thyroïde et sa prise en charge naturelle, c’est en dessous:

 Finalement, le dysfonctionnement thyroïdien est validé par les bilans biologiques:

Vous êtes face à une hyperthyroïdie ou face à une hypothyroïdie;

Elle est « avérée » ou « frustre » (selon donc son degré de sévérité);

Elle est d’origine auto-immune ou pas.

À noter : Un dysfonctionnement thyroïdien peut aussi être conséquent d’une insuffisance hypothalamique ou hypophysaire (cas rares)

Avec ce 3ème article, nous allons voir quelles stratégies thérapeutiques mettre en place lors d’une hypothyroïdie (non liée à une insuffisance hypothalamo/hypophysaire);

Tout en sachant que si l’hypothyroïdie est avérée, cette stratégie doit être mise en place après la visite chez le médecin, et en parallèle de l’éventuel traitement préconisé par ce dernier.

Si cette hypothyroïdie est frustre, cette stratégie doit être mise en place au plus vite afin d’éviter une accentuation du trouble (et finalement le passage au stade avéré qui nécessiterait un traitement allopathique) et de permettre aussi une amélioration progressive de la fonction thyroïdienne.

Si l’hypothyroïdie est d’origine auto-immune, la stratégie thérapeutique sera différente de celle de l’hypothyroïdie non auto-immune.

Mais pour commencer, afin de bien comprendre le contenu de ces différentes approches thérapeutiques, rappelons déjà ce qui fait le lit des ralentissements thyroïdiens.

À l’origine de ralentissements de la fonction thyroïdienne

Il existe 3 causes principales aux ralentissements thyroïdiens:

1-Pour commencer, rappelez-vous que la batterie énergétique est à la fois constituée du système nerveux et du système glandulaire et que lorsque le système nerveux faiblit, le système glandulaire (dont la thyroïde et ses hormones stimulatrices) prend naturellement le relais.

Ainsi, en cas de fatigue nerveuse (manque de sommeil, excès de travail, surexcitation psychique, etc.), chez certains, la thyroïde va s’activer afin de relayer le système nerveux dépassé (cela se traduit donc au début par augmentation de la production d’hormones thyroïdiennes);

Si le surmenage persiste (= charge allostatique trop importante; lisez cet article pour bien comprendre le concept « charge allostatique »), la thyroïde (à force de relayer) va finir par s’épuiser  (= hypofonctionnement après phases d’hyperfonctionnement);

Sans oublier que le stress élève le taux de cortisol et qu’un taux de cortisol élevé diminue la production d’hormones thyroïdiennes actives (voir encart suivant).

En résumé, lors de troubles thyroïdiens (hyper ou hypo), il faut commencer par régénérer le système nerveux afin qu’il puisse soulager la thyroïde…qu’elle puisse doucement se régénérer (voir plus bas pour revoir comment on s’y prend pour régénérer le système nerveux)

Il faut aussi travailler sur la baisse du taux de cortisol par une prise en charge du stress. (Toutefois, si le cortisol est lui-même effondré, il va falloir l’aider à remonter et/ou à faire en sorte que le peu de cortisol qui reste soit plus effectif. Certaines plantes permettent d’agir dans ce sens)

2-En dehors de l’hygiène nerveuse, il faut aussi penser aux éventuelles carences (iode, fer, sélénium, zinc, vit A, vit E, tyrosine…), qui peuvent être à l’origine d’une baisse de production d’hormones thyroïdiennes et/ou de la conversion des T4 en T3 actives.

Dans le même registre, il faut aussi penser aux autres facteurs pouvant être à l’origine d’une perturbation de conversion des T4 en T3 actives, comme l’obésité, faiblesse hépatique, hyperœstrogénie vraie ou relative, mauvaise santé intestinale, ménopause, taux de cortisol élevé déjà évoqué plus haut; métaux lourds, etc..

Rappel des principales causes de baisse d’hormones thyroïdiennes actives :

  • La synthèse de T3/T4 est dépendante d’éléments de construction (tyrosine et iode) et d’une enzyme et ses cofacteurs (fer, sélénium, zinc, mobylène, manganèse, vit D et vit A). Une carence en un ou plusieurs de ces différents éléments peut donc être à l’origine d’une baisse de synthèse de T3/T4.
  • La T4 (quasiment inactive) doit être également convertie en T3 pour devenir active, et 60% de cette conversion s’effectue au niveau du foie; et ceci grâce à une enzyme et ses cofacteurs (fer, sélénium, zinc, mobylène, magnésium, vit B6, vit E et C. Une fonction hépatique pas optimale et/ou un manque d’enzyme et/ou de cofacteurs peuvent donc aussi contrarier la production de T3 actives.
  • L’obésité (via l’augmentation de la leptine entre autre), le cortisol en excès (déjà mentionné), les expositions aux métaux lourds, sont aussi des perturbateurs de la conversion des T4 en T3 actives.
  • L’hyperœstrogénie vraie ou relative = dominance en œstrogènes (y penser lors de grossesse, de syndrome pré-mensuel, d’une prise de traitement hormonal substitutif, de prise de pilule, de tamoxifène, de préménopause, et même de ménopause chez les femmes qui « aromatisent » beaucoup, etc.). En effet, la dominance en œstrogènes – non contrebalancées par la présence de progestérone – accroit la synthèse de la thyroxin-bounding globulin (TBG), la principale protéine transporteuse, à laquelle sont liées les hormones thyroïdiennes, les rendant durant leur transport partiellement inactives. Ainsi, un excès en TBG augmente la proportion inactive des hormones au détriment de la portion libre, dès lors moins disponible pour les tissus. À noter encore que les œstrogènes sont également connus pour réduire la conversion de T4 en T3, conduisant ainsi à une conversion préférentielle en reverse-T3 (inactive). L’excès de reverse-T3, en bloquant les récepteurs, ralentit l’activité cellulaire de toutes les cellules, entraînant des symptômes d’une thyroïde hypo-active. (Précision: pensez aussi qu’un traitement hormonal a toutes les chances d’ENGENDRER un ralentissement thyroïdien)

Chacun de ces facteurs doit donc être pris en charge (si besoin) quand on veut optimiser le fonctionnement thyroïdien

3-Si l’hypothyroïdie est d’origine auto-immune (Hashimoto), en revanche, ce n’est pas la thyroïde qui n’arrive pas à fabriquer ses hormones mais c’est le système immunitaire qui détruit peu à peu les cellules de la glande, causant alors le déclin de la production d’hormones.

À retenir : Dans l’hypothyroïdie d’origine auto-immune, dont la plus commune est la maladie d’Hashimoto, la thyroïde ne fonctionne pas mal d’une manière intrinsèque mais elle diminue en taille par l’attaque du système immunitaire. Ce qui veut dire que la stratégie thérapeutique doit prioritairement viser la modulation de l’immunité… afin de protéger la glande de la destruction de ses cellules productrices d’hormones (ou thyrocytes) ou des enzymes qui permettent la production d’HT ou la conversion des T4 en T3 actives ;

Quant à booster ici la production des T4/T3 par une complémentation en matériaux de construction (iode et/ ou sélénium et/ou zinc, tyrosine,…), hormis si une carence est avérée, ce serait contreproductif à plus ou moins long terme. En effet, par cet apport supplémentaire de matériaux de construction la thyroïde fonctionnerait certes plus fort au début, mais elle finirait par s’épuiser à fonctionner plus activement sur un nombre de thyrocytes limité

En conclusion : « La modulation de l’immunité » est au cœur de la stratégie thérapeutique de l’hypothyroïdie auto-immune (Hashimoto)

Prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie, en pratique.

Qu’elle soit d’origine auto-immune ou pas, la prise en charge de l’hypothyroïdie en naturopathie passe déjà par une régénération du système nerveux, par la gestion du stress, par le rééquilibrage hormonal gonadien (très très important de réguler une éventuelle dominance en œstrogènes) et par une prise en charge des carences.

Rappel : le SOMMEIL est le leader de la régénération physique et psychique

+++ de sommeil, de repos, de la relaxation, des bains chauds, du sauna, des massages, l’hypnose, l’EFT, la méditation, le yoga, la respiration, l’exercice physique (sans excès…voir plus bas), un travail psycho si besoin, la sophrologie, l’acupuncture, des contacts fréquents avec la nature, une alimentation riche en micronutriments

Bref, tous ces outils de régénération nerveuse et psychique…à choisir selon les besoins,  les personnalités et les possibilités environnementales (et bien sur du budget!)

Précision : En dehors du fait d’être le meilleur outil de gestion du stress et de l’élimination des toxines, l’exercice physique d’endurance « pas trop intensif » stimule la production d’hormones thyroïdiennes.[/alert-success]

En pratique, en cas d’hypothyroïdie, si la personne n’est pas totalement épuisée, conseillez lui 1h de vélo (ou autre outil d’endurance) 1 fois par semaine, pas plus. Et pas trop intensif le pédalage! (l’exercice plus intense et plus fréquent sera pour le jour où le corps aura retrouvé l’énergie :-)). La marche est toutefois conseillée chaque jour.

Pour gérer le stress, on peut aussi ajouter les plantes adaptogènes (rhodiole, ashwagandha, astragale de chine,…), mais attention, certaines d’entre elles peuvent stimuler le système immunitaire. Ce qui n’est pas à conseiller en phase aigüe de processus auto-immun.

Il faut aussi penser à une alimentation riche en micronutriments, nécessaires au bon fonctionnement de la cellule nerveuse.

L’hormone T3, la seule active comme indiqué plus haut, agit au niveau de l’organisme en modulant différentes fonctions, dont la fonction digestive, en y optimisant la sécrétion des enzymes digestives, ainsi que le fonctionnement des muscles lisses qui permettent le mouvement de l’intestin (à l’origine donc du transit). Autrement dit, un ralentissement thyroïdien influe négativement sur la digestion (ralentissement gastrique, lourdeur, reflux, ballonnements, constipation, apparition possible de réactions alimentaires, altération du microbiote,…). En optimisant le fonctionnement thyroïdien, la santé digestive et  les digestions devraient donc être meilleures! Toutefois, il faut soutenir soutenir cette fonction digestive tant que la thyroïde n’a pas repris un fonctionnement correct…Voir plus bas

À noter encore que le relâchement nerveux va aussi permettre à la vitalité de remonter, et que l’augmentation de cette vitalité va en outre permettre une meilleure élimination des toxines.

Rappel : l’encrassement organique fait le lit des dysfonctionnements organiques. Une meilleure santé organique passe donc aussi par une optimisation de l’élimination des toxines

Après l’hygiène nerveuse, on revoie donc l’assiette.

On incite la personne à revenir au régime biologique humain(et sans produits laitiers bovins, ni même chèvre ou brebis si on est face à un problème de thyroïde d’origine auto-immune)

On y intègre des sources alimentaires d’éléments nécessaires à la construction des T4 et T3 ou à leur conversion, comme l’iode (poissons, coquillages, algues, cresson, abricot…), le sélénium (noix du brésil….), le zinc, le fer, les vit B …

À noter : Les noix du brésil sont très riches en sélénium. Une noix de 5 g fournit un apport en sélénium d’environ 95 µg. 2 noix par jour peut être suffisant pour un apport additionnel sans risque.

Rappel : Un excès de sélénium peut entraîner des problèmes gastro-intestinaux, la perte de cheveux, des ongles cassants, de la fatigue, de l’irritabilité, des névralgies,…

Vérifiez aussi que la personne ne consomme pas trop de substances goitrigènes crues (soja, toutes formes de choux crus, graines de colza, millet, etc., diètes riches en calcium,…Soja fermenté toutefois possible 2 à 3 fois par semaine, pour les accros ;-)). Prises crues en excès, ces substances empêchent effectivement la captation de l’iode chez les sujets sensibles (d’où probable présence de goitre)

Rappel : Certains médicaments sont également goitrigènes : iodure en excès, antithyroïdien de synthèse, amiodarone, carbonate de lithium, phenylbutazon.

Parallèlement, on optimise les digestions, ce qui va permettre de faciliter un peu les digestions (ralenties donc par le ralentissement thyroïdien), de limiter l’encrassement organique, d’améliorer l’assimilation (donc le statut en nutriments et micronutriments) et l’activation des T4 en T3, d’économiser de l’énergie (qui va servir à la régénération organique et thyroïdienne, rappelez-vous), de limiter l’inflammation intestinale et donc la porosité de la muqueuse.

Si une carence en iode est avérée (par l’iodurie urinaire du matin), on ajoute un complément d’iode (issu des algues) aux sources alimentaires d’iode.

Si l’on complémente en iode, on pense à avoir de bons apports alimentaires (ou un complément) en sélénium.

À noter : Les chercheurs pensent qu’une carence en sélénium peut amplifier les effets de la carence en iode sur la fonction thyroïdienne, et qu’un niveau correct en sélénium peut aider à protéger contre certains effets neurologiques dus à une carence en iode.

Les chercheurs impliqués dans l’étude SUVIMAX (Supplémentation en Vitamines et Minéraux Antioxydants) en France, qui a été réalisée afin d’évaluer les effets des suppléments de vitamines et minéraux sur les risques de maladies chroniques, a évalué les relations entre les goitres et le sélénium dans un sous-ensemble de population issue de la recherche.

Leurs découvertes suggèrent que les suppléments en sélénium peuvent protéger contre le goitre.

Si la ferritine est basse, on pense à optimiser le statut en fer (en agissant sur la cause de la carence: règles hémorragiques? mauvaise assimilation intestinale du fer? régime alimentaire inadapté? etc.). Et si besoin, on complémente en fer .

Une prise journalière de multi-vitamines/minéraux (dont zinc, sélénium, vit B, vit C, …) est également recommandée pour combler l’ensemble des carences (dont sélénium) (Pour rappel: Ne pas prendre de fer en complément avec de la vit C en complément au même moment)

Rappel : Lors d’hypothyroïdie auto-immune, on ne cherche pas à booster la production d’hormones par un apport en suppléments d’éléments nécessaires à la construction des T4 et T3 ou à leur conversion, hormis si carences avérées. C’est de la modulation de l’immunité qu’il faut s’occuper.

Pour cela :

Lutte contre les intolérances alimentaires, l’inflammation intestinale, la porosité intestinale, la candidose, les infections froides (borrélioses..),…

La vit D étant nécessaire au bon fonctionnement immunitaire, le statut en vit D doit également être vérifié, d’autant qu’une étude montre que la présence d’anticorps anti-thyroïde est inversement corrélée au niveau de vitamine D chez les patients souffrant de problème auto-immune de thyroïde (Hashimoto) et qu’une une déficience en vitamine D semble courante chez les patients souffrant de nodules thyroïdiens (ou de cancer de la thyroïde)

Comme indiqué dans l’encart ci-dessus, « l’optimisation de la santé intestinale est donc au cœur de la stratégie de l’hypothyroïdie d’origine auto-immune ».

Les aliments source d’intolérances alimentaires et/ou source d’inflammation intestinale (gluten, lactose, protéines laitières, fodmaps chez certains…).

Voyons maintenant quelques pistes de plantes médicinales qui peuvent aider en cas d’hypothyroïdie.

Hypothyroïdie et plantes médicinales

Si stress, il faut penser aux plantes adaptogènes qui vont optimiser la conversion des T4 en T3 et vont permettre de stabiliser le système immunitaire par leur action sur le taux de cortisol….

Dans ces plantes, on trouve la rhodiole, l’astragale de chine, l’ashwagandha…qu’il faut toutefois éviter d’utiliser en cas de processus auto-immun en phase aiguë (Hashimoto inclus), car elles peuvent stimuler l’immunité.

S’il y a perméabilité et/ou inflammation intestinales, on pense au curcuma, à la réglisse (pas si HTA et pas en prise constante), au sureau.

S’il y a allergie alimentaire, on pense au desmodium.

La résine de gugul, quant à elle, améliore la conversion des T4 en T3 et l’utilisation de l’iode par la thyroïde. Elle est également particulièrement indiquée lorsqu’il y a hypercholestérolémie.

L’hyperœstrogénie, la ménopause, les problèmes hépatiques, etc., peuvent également être améliorés par des plantes médicinales. Le tout est donc de bien définir le problème en amont..

Pour finir, autres outils à intégrer à votre stratégie…

Les flexions latérales de la tête, le chant (par les vibrations qu’il crée), certaines postures de yoga, permettent de stimuler la production d’hormones thyroïdiennes (à ne donc pas faire en cas d’hyperthyroïdie).

L’optimisation de la circulation sanguine (massages, exercice physique doux, sauna…) est également primordiale lors des troubles endocriniens : le sang étant le véhicule des hormones jusqu’aux organes cibles.

La qualité de la membrane cellulaire et de ces récepteurs (à hormones) est aussi à maximiser, d’où un réajustement des acides gras consommés si besoin.

Remarque: Le Lévothyrox apporte uniquement de l’hormone T4. Si une personne prenant du levothyrox transforme mal la T4 en T3, ce qu’elle peut voir par les bilans, elle ne sera jamais bien avec ce médicament. Il existe alors des alternatives aux levothyrox, comme par ex l’Euthyral, qui apporte T4 et T3. Il faut que la personne en parle à son médecin.

Sur ce je vous laisse, et n’hésitez pas à à commenter ;-)

Véronique

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PS2: Et si besoin d’être accompagné-e pour régler vos propres troubles thyroïdiens, n’hésitez pas à prendre contact (ici) avec moi

25 commentaires

  1. Delphine 14 octobre 2020
    • Véronique Duivon 19 octobre 2020
  2. Sara Markowicz 20 août 2020
  3. Isabelle le Boussard 12 août 2020
    • Véronique Duivon 14 août 2020
  4. Juliette Le coeur 6 août 2020
    • Véronique Duivon 11 août 2020
  5. carol 20 juillet 2020
  6. carol 20 juillet 2020
    • Véronique Duivon 20 juillet 2020
  7. bouvier 20 juillet 2020
  8. di doménico 4 février 2020
    • Véronique Duivon 4 février 2020
  9. Bérénice 24 octobre 2018
    • Véronique Duivon 24 octobre 2018
  10. Béatrice Delaloy 14 janvier 2018
    • Véronique Duivon 16 janvier 2018
  11. Sabrina 11 novembre 2017
    • Véronique Duivon 17 novembre 2017
  12. Chantal 9 septembre 2017
    • Véronique Duivon 10 septembre 2017
  13. Coco 21 mai 2017
    • Véronique Duivon 21 mai 2017

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