Améliorer la digestion

Et si ce n’était pas qu’une question d’aliments, mais de sécurité intérieure

« Je mange sainement… mais je digère mal. »

Ballonnements.
Fatigue après les repas.
Gaz.
Lourdeurs.
Impression que tout “stagne”.

Cette phrase, je l’entends très souvent en consultation.
Et presque toujours, elle est suivie de la même incompréhension :
« Pourtant, je fais attention. »

Alors on regarde l’assiette.
On modifie les aliments.
On supprime, on ajoute, on ajuste.

Parfois, ça aide.
Parfois… pas du tout.

Parce que la digestion ne dépend pas uniquement de ce que l’on mange.
Elle dépend surtout de l’état dans lequel on mange, et de la capacité du corps à se sentir en sécurité.

Digérer, ce n’est pas juste transformer des aliments

La digestion est un processus hautement régulé, qui mobilise plusieurs systèmes à la fois.

Le système digestif ne fonctionne correctement que lorsque le corps est dans un état de disponibilité, c’est-à-dire sous dominance du système nerveux parasympathique.

Autrement dit, pour bien digérer, le corps doit percevoir qu’il n’y a pas de danger immédiat.

Lorsque ce n’est pas le cas, la digestion devient secondaire.

Ce qui se passe quand la digestion fonctionne mal

Quand les capacités digestives sont dépassées ou inhibées, plusieurs phénomènes peuvent apparaître.

Les aliments sont moins bien transformés.
Ils stagnent plus longtemps dans le tube digestif.
La fermentation et parfois la putréfaction augmentent.

Cela peut entraîner :

– ballonnements et gaz
– spasmes digestifs
– reflux ou inconfort gastrique
– troubles du transit
– fatigue post-prandiale
– inflammation locale
– perturbations du microbiote

Sur le long terme, une digestion inefficace peut aussi devenir énergivore.
Digérer demande de l’énergie.
Quand le processus est laborieux, il mobilise une part importante des ressources de l’organisme, au détriment d’autres fonctions.

Le lien souvent sous-estimé entre digestion et stress

C’est ici que beaucoup de choses se jouent.

Le stress chronique inhibe directement la digestion.

Lorsque le système nerveux sympathique est dominant, le corps privilégie la survie immédiate.
La sécrétion des enzymes digestives diminue.
La motricité intestinale se dérègle.
La coordination entre les différents étages digestifs devient moins efficace.

Autrement dit, on ne digère pas bien dans un corps en alerte.

C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes mangent des aliments très simples et digèrent mal, alors que d’autres tolèrent des repas plus complexes sans difficulté apparente.

La mastication, un signal neurologique fondamental

Mastiquer n’est pas un détail.
C’est un véritable signal envoyé au cerveau.

Une mastication suffisante informe le système nerveux que l’alimentation arrive, ce qui permet l’activation progressive des sécrétions digestives tout au long du tube digestif.

Lorsque les aliments sont avalés trop rapidement :

– la préparation enzymatique est incomplète
– l’estomac et l’intestin travaillent davantage
– la digestion devient moins efficiente

La mastication est donc un levier simple, mais puissant, pour améliorer la digestion sans rien changer au contenu de l’assiette.

Cru, cuit, douceur digestive et individualisation

On entend souvent qu’il faudrait manger du cru à chaque repas.
Dans la réalité, ce n’est pas universellement vrai.

Les aliments crus apportent des fibres, des micronutriments et des composés bioactifs intéressants.
Mais chez certaines personnes, notamment en cas d’intestin irritable, de SIBO, de dysbiose ou de terrain anxieux, l’excès de cru peut aggraver les symptômes.

La digestion dépend fortement du terrain.

Pour certains, une part de cru est bénéfique.
Pour d’autres, des légumes cuits doucement, bien tolérés, seront beaucoup plus digestes.

La question n’est donc pas “cru ou cuit”, mais adapté ou non au système digestif de la personne.

Les associations alimentaires, sans rigidité

Tous les aliments ne sollicitent pas les mêmes mécanismes digestifs.
Protéines, glucides et lipides mobilisent des sécrétions et des temps de digestion différents.

Lorsque les repas sont très complexes, la digestion peut être ralentie, surtout chez les personnes ayant des capacités digestives diminuées.

Sans entrer dans des règles strictes, simplifier les repas peut déjà faire une grande différence.

Des repas lisibles, peu transformés, avec des associations simples, sont souvent mieux tolérés que des repas très riches et hétérogènes.

Là encore, il ne s’agit pas d’appliquer des règles universelles, mais d’observer la réponse individuelle.

Le rôle clé du microbiote intestinal

Le microbiote intestinal joue un rôle central dans la digestion.

Il participe à la transformation des fibres, à la production de vitamines, à l’effet barrière intestinal et à la régulation de l’immunité.

Lorsque le microbiote est déséquilibré, la digestion devient plus difficile.
Fermentations excessives, gaz, ballonnements et inconfort peuvent apparaître.

De nombreux facteurs peuvent perturber le microbiote :

– alimentation trop raffinée
– excès de sucres industriels
– alcool
– stress chronique
– médicaments, notamment antibiotiques
– manque de mastication
– hydratation insuffisante

Soutenir le microbiote passe autant par l’alimentation que par le respect du rythme digestif et la réduction des facteurs de stress.

Quand la digestion révèle autre chose

Il est important de rappeler que certaines digestions difficiles ne relèvent pas uniquement de l’alimentation.

Hypothyroïdie, même modérée.
Sédentarité.
Activité sportive intensive.
Syndrome de l’intestin irritable.
SIBO.
Troubles anxieux.
Fatigue chronique.

Tous ces contextes peuvent influencer la digestion.

C’est pourquoi une approche globale est essentielle.
Chercher uniquement l’aliment “responsable” est souvent insuffisant.

En conclusion

Améliorer la digestion ne consiste pas à suivre un protocole rigide.
C’est un travail d’écoute, d’observation et d’adaptation.

Digérer, c’est avant tout une fonction de sécurité.
Un corps qui se sent en sécurité digère mieux.
Un corps en alerte digère mal, même avec les meilleurs aliments.

C’est en restaurant un terrain favorable, à la fois digestif, nerveux et métabolique, que la digestion peut redevenir fluide, confortable et efficace.

Et souvent, lorsque la digestion s’améliore, bien d’autres choses suivent.
L’énergie revient.
Le mental s’éclaircit.
Le corps respire à nouveau.

Voilà pour mes infos du jour,

Sur ce je vous dis à très vite!

Véronique

4 commentaires

  1. Lynda 16 octobre 2016
    • Véronique Duivon 17 octobre 2016
  2. Vincent 14 mai 2016
    • Véronique Duivon 15 mai 2016

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