Dissociation alimentaire, le pour et le contre

La dissociation alimentaire (ou régime dissocié) permet de mieux digérer, d’économiser de l’énergie, d’éliminer des toxines et des kilos de trop, oui mais…

(Article 1 sur 2)

Voici une série de 2 articles consacrée aux associations alimentaires au cours d’un même repas.

Le 1er article parlera de dissociation alimentaire (ou régime dissocié) en en rappelant déjà le procédé et l’objectif;

En en explorant ensuite les effets sur le corps, ainsi que le cadre dans lequel elle peut être envisagée et celui où il est préférable de s’abstenir.

Dans le 2ème article, nous verrons comment combiner au mieux les différentes catégories d’aliments afin d’optimiser les digestions mais sans les désagréments de la dissociation..

Le but de cette série d’articles étant de permettre à chacun d’agir au mieux lors de la mise en place de l’axe alimentaire de l’une ou l’autre des cures de santé.

Pour plus de détails sur la cure détox et sur la cure de revitalisation, cliquez plus haut dans le menu sur « Par où commencer ? »

La dissociation alimentaire, ça sert à quoi ?, et comment on s’y prend ?

Une des principales causes de digestions trop longues est l’association alimentaire incompatible au cours d’un même repas…

Sans entrer dans des détails de biochimie digestive, il faut comprendre que chaque catégorie d’aliment (protéines, glucides et lipides) se digère très différemment : acidité différente, lieux digestifs et temps de digestion différents…

Pour exemple :

  • Les céréales (pain, pâtes, etc.) se digèrent en milieu alcalin (= pas acide), en grande partie au niveau du duodénum, en 6h.
  • Les protéines crues (poisson, viande, œuf…) se digèrent en milieu acide, principalement au niveau de l’estomac, en 2h (Les protéines cuites en 4h).
  • Les fruits (frais et secs) ne nécessitent pas de digestion particulière. Leurs sucres sont directement assimilés par l’organisme en environ 30mn. Hormis la banane, qui elle contient de l’amidon, ce qui induit un temps de digestion de 2h.

Ainsi, quand on mélange des aliments à dominante de protéines, de glucides ou de lipides, le temps de digestion de chaque aliment est allongé

Si le repas est un peu complexe, comme lors d’un repas «traditionnel», la digestion peut vraiment être très longue…

Temps de digestion d’un repas «traditionnel» :

  • Les céréales ou amidons (6h) associés à une même portion de viande ou poisson cuits (+4h) = 10h de digestion à eux deux.
  • Si on ajoute une graisse (huile, margarine, beurre…), 1h30 de plus = 11h30
  • + un verre de vin (+ 1h) = 12h30
  • + un dessert sucré (+ 3h) = 15h30 en tout pour ce repas
  • Un poisson poché + des légumes (crus et cuits) + une pomme de terre vapeur n’auraient pas pris plus de 6h pour être digérés

À noter que les temps de digestions dépendent aussi des capacités digestives individuelles (voir « Le visage, un véritable détecteur de toxines » pour en savoir plus sur ces prédispositions)

Le problème est que plus les digestions sont longues, et plus elles créent des fermentations et de putréfactions sources d’acides et de toxines qui vont traverser la muqueuse intestinale avant de rejoindre le flux sanguin et ensuite le foie (= surplus de travail de détox par le foie)…

À la longue, chez certains, ces acides vont fragiliser la muqueuse intestinale (= inflammation locale) et parfois en altérer la perméabilité (= porosité intestinale…pouvant être à l’origine de réactions du système immunitaire)

Les longues digestions consomment également beaucoup d’énergie(= moins d’énergie disponible pour le reste du fonctionnement organique…et intellectuel)

Elles peuvent aussi épuiser le système nerveux végétatif (celui qui gère les secrétions digestives et le mouvement de l’intestin permettant l’avancée du bol alimentaire), qui passe alors trop de temps à digérer au détriment de phases nécessaires de repos…

Rappel des glandes spécifiques à la digestion

  • Les glandes à mucus (qui permet de lubrifier le tube digestif)
  • Les glandes exocrines (glandes salivaires, estomac, pancréas exocrine, foie, etc.) libérant des enzymes digestifs de la bouche à l’anus

Pour éviter tous ces méfaits, un médecin américain, Herbert M. Shelton (1895-1985), a développé un modèle alimentaire prônant la dissociation alimentaire (aussi appelé régime dissocié)

La dissociation alimentaire (ou régime dissocié), en pratique

  • Pas d’aliments protéiques (poisson, viande, œuf,…) à un repas contenant des amidons (riz, pâtes, pains, autres céréales, pomme de terre…) ou autre aliment source de glucides..
  • Pas d’amidons (et autre aliment source de glucides) à un repas contenant des aliments protéiques (poisson, viande, œuf,…)
  • Les légumes verts peuvent accompagner l’une ou l’autre de ces 2 catégories d’aliments.
  • Les fruits sont éloignés des repas

Exemple de journée alimentaire « dissociée »:

  • Fruit(s) au petit déjeuner
  • Au déjeuner : crudités (huile végétale + citron possible) + viande ou poisson ou œuf + légumes verts cuits
  • Au diner : crudités (huile végétale + citron possible) + amidons (riz ou autres céréales, pomme de terre…) + légumes verts cuits

L’objectif de la dissociation alimentaire préconisée par Sheldon étant de diminuer au maximum les temps de digestion (= accélérer au maximum le transit), et ceci afin de :

  • Limiter les fermentations et les putréfactions à l’origine d’acides agressifs pour la muqueuse intestinale, de toxines, d’altération du microbiote, de gaz chez certains, de ballonnements, de troubles du transit, de douleurs parfois…
  • Limiter l’entrée de ces acides et de ces toxines dans le corps, et donc un surplus de travail de détox par le foie
  • Protéger la muqueuse intestinale de l’inflammation, et donc de son altération (= lutte anti porosité)
  • Économiser de l’énergie (qui va pouvoir être utilisée pour assurer d’autres fonctions organiques, comme par exemple l’élimination des toxines)

À noter que cette dissociation alimentaire permet aussi de rapidement et facilement perdre du poids

Raccourcir les temps de digestion, oui mais…

Le problème est que plus on digère rapidement, et moins on assimile au niveau intestinale(C’est d’ailleurs une des raisons de ces pertes de poids spectaculaires chez les utilisateurs de la dissociation alimentaire)…

Effectivement, plus le transit est rapide et moins les nutriments ont le temps d’être assimilés par la muqueuse intestinale

Imaginez un fleuve très rapide : les sédiments ont à peine le temps de se déposer sur les berges : ils sont emportés dans le courant.

Avec les nutriments, c’est pareil : un transit trop rapide va les emporter dans son flux

À plus ou moins long terme, cela va créer des carences par manque d’assimilation digestive.

 

Une autre réserve concernant cette dissociation alimentaire, c’est son effet sur l’assimilation et l’utilisation des acides aminés par les cellules, et plus précisément sur les cellules musculaires..

En effet, la présence d’insuline dans le sang optimise l’assimilation des acides aminés (et des acides gras) par les cellulaires musculaires. Et il faut qu’il y ait des aliments sources de glucides (riz ou autres céréales, pomme de terre…) consommés lors du repas pour que l’insuline soit secrétée. Si le repas est uniquement constitué de protéines (viande, œuf, poisson..), et même si on y ajoute quelques légumes verts (courgettes, fenouil…), c’est le glucagon qui va être sécrété dans le sang. Et le glucagon est une hormone qui stimule la captation des acides aminés (et des acides gras) par les cellules du foie qui vont alors les utiliser pour fabriquer du glucose, et ceci au détriment de leur vocation de reconstruction de protéines, de tissus, d’hormones, de neurotransmetteurs, etc…

Ce qui est très préjudiciable long terme, car après une période positive au mieux être et à la santé, on va observer peu à peu une fatigue liée aux carences, une fonte musculaire, un assèchement des muqueuses, une dépression psychologique, une chute de la libido (voir l’arrêt des menstruations), une chute du système hormonal et immunitaire

Rappel : L’insuline permet :

  • de faire entrer le glucose dans les cellules musculaires et dans les cellules du foie
  • de faire entrer les acides aminés dans les cellules musculaires et de stimuler la synthèse des protéines dans les cellules
  • de stimuler la synthèse de graisse dans les cellules adipeuses

Une autre réserve avec les repas protéiques ne contenant pas d’aliments sources de glucides (riz, autres céréales,…), elle concerne la synthèse cérébrale de neurotransmetteurs, et plus particulièrement de la sérotonine, par exemple chez les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (boulimie, hyperphagie…), où l’on sait qu’optimiser la synthèse de la sérotonine est toujours profitable, pour ne pas dire essentielle..

Rappel : La sérotonine (5-HT) est fabriquée à partir du tryptophane qui est un acide aminé essentiel. Cette sérotonine a sous son contrôle l’humeur, le sommeil (car elle est précurseur de la mélatonine qui est l’hormone du sommeil), la mémorisation, etc. Elle réduit aussi la prise alimentaire par action sur le centre de la satiété. Elle est à la fois antidépressive, stimulante voire excitante et motivationnelle…

En fait, associer des aliments glucides aux aliments protidiques optimise la synthèse de la sérotonine (voir l’explication dans l’encart suivant)

Il est donc important d’associer des glucides aux protéines quand on souffre d’un trouble où augmenter le taux de sérotonine est profitable, pour ne pas dire nécessaire…

Bien sur, il faut associer de façon judicieuse (Voir article 2) de façon à ne pas compromettre les digestions et la santé de la sphère digestive..

Rappel : Une bonne part de sérotonine (95%%) est aussi synthétisée au niveau de l’intestin, d’où l’importance d’une bonne santé intestinale pour optimiser cette synthèse locale

Sérotonine, tryptophane et alimentation, explication détaillée:

 

L’apport d’une ration protéique quotidienne suffisante, riche en tryptophane est la première condition pour un bon fonctionnement des neurones sérotoninergiques cérébraux. Toutefois, un repas juste composé de protéines courantes (viande, œuf, poisson…) a pour effet de réduire la concentration cérébrale de tryptophane et par voie de conséquence celle de sérotonine (5-HT). Ce paradoxe s’explique aisément car la concentration de tryptophane disponible au niveau cérébral dépend des apports en tryptophane MAIS AUSSI du rapport entre la concentration dans le sang du tryptophane et celle des 6 acides aminés dits « neutres » (asparagine, cystéine, glutamine, méthionine, sérine, thréonine). En effet, c’est le même transporteur qui fait traverser la barrière hémato-encéphalique à ces 6 acides aminés (AA). Ces AA sont donc en concurrence les uns avec les autres. Par conséquent, le transport cérébral du tryptophane dépend moins de la concentration absolue du tryptophane que du ratio plasmatique tryptophane / AA neutres.

 

À l’inverse, un repas contenant des glucides augmente le ratio tryptophane / AA aminés neutres. En effet, l’insuline sécrétée en réponse à l’afflux des glucides diminue davantage la concentration plasmatique des AA neutres que celle du tryptophane en dérivant le métabolisme des AA neutres et surtout des AA branchés (valine, leucine, isoleucine) vers le muscle. Ainsi, après l’ingestion de glucides, le tryptophane atteint les neurones en plus grande quantité pour finalement être transformé en sérotonine…

Alors, quand peut-on utiliser la dissociation alimentaire?

Si elle est pratiquée durant quelques jours, quelques semaines, voir quelques mois selon les réserves pondérales (poids) et la vitalité disponible, cette dissociation alimentaire permet effectivement de rapidement mieux digérer, de libérer le corps de toxines et de surpoids (d’où apparition de crises d’élimination…comme des boutons, l’halène chargée, des urines plus fétides, les selles aussi, etc.)

En résumé, pour recourir à la dissociation alimentaire, il faut :

  • bien apprécier la nécessité et la durée d’utilisation ; vérifier que les organes d’élimination supportent bien l’afflux de toxines ; réévaluer régulièrement
  • avoir une bonne vitalité (PAS CHEZ LES SUJETS DÉVITALISÉS = déjà carencés, ni les femmes enceintes, ni les personnes âgées, ni les enfants)
  • avoir une réserve pondérale suffisante (déconseillé en cas de maigreur)…
  • Cette dissociation alimentaire peut aussi être envisagée sur 1 des 3 repas de la journée, par exemple le soir, pour faciliter le repos digestif et la détox nocturnes. Les 2 autres repas s’organisant autour d’associations alimentaires compatibles (Voir article 2)..

Quand doit-on éviter la dissociation alimentaire ?

En dehors donc de la maigreur, de la dévitalisation, d’un terrain carencé, etc., on l’évitera s’il y a (ou s’il y a eu) trouble du comportement alimentaire (boulimie, hyperphagie,…), ou tout autre trouble où l’optimisation de la sérotonine est essentielle..

On lui préférera alors des associations alimentaires compatibles qui, en plus d’être respectueuses des processus digestifs (et donc de la santé de la sphère digestive), permettent aussi d’optimiser l’assimilation intestinale, cellulaire et cérébrale des différents nutriments nécessaires à la santé physique et psychique..

Pour découvrir comment faire pour bien associer, c’est ici : Les bonnes associations alimentaires, en pratique

 

Un conseil, lisez aussi l’article Améliorer les digestions, pourquoi et comment?

 

Si vous avez des questions, des suggestions de sujets, etc., n’hésitez pas à vous servir de la partie commentaires

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2 commentaires

  1. Jean 27 janvier 2017

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