« Je ne comprends pas… mes analyses sont normales, et pourtant je ne me sens plus comme avant. »
Fatigue inhabituelle.
Règles douloureuses ou irrégulières.
Syndrome prémenstruel marqué.
Acné tardive.
Sautes d’humeur.
Ces symptômes amènent chaque jour de nombreuses femmes à consulter.
Endométriose, syndrome prémenstruel (SPM), préménopause, ménopause, syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)… Les troubles hormonaux féminins représentent aujourd’hui une part importante des consultations en naturopathie.
Dans ce contexte, les approches phyto- et micronutritionnelles peuvent jouer un rôle précieux. Elles ne remplacent pas les traitements médicaux lorsque ceux-ci sont nécessaires, mais elles peuvent soutenir le terrain physiologique, améliorer la tolérance des traitements ou atténuer certains symptômes.
Mais pour utiliser ces outils avec pertinence, il faut d’abord maîtriser les bases.
Avant de parler de stratégies naturelles, commençons donc par revoir les fondements de la physiologie hormonale féminine.
Le cycle ovarien : une orchestration hormonale fine
À partir de la puberté, le cycle menstruel est contrôlé par un dialogue permanent entre trois structures :
- l’hypothalamus
- l’hypophyse
- les ovaires
On parle de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien.
L’hypothalamus sécrète de manière pulsatile une hormone appelée GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone).
Cette hormone stimule l’hypophyse, qui libère alors deux gonadotrophines :
- FSH (Hormone Folliculo-Stimulante)
- LH (Hormone Lutéinisante)
Ces hormones vont agir directement sur les ovaires.
Phase folliculaire
Au début du cycle, la FSH stimule la maturation d’un follicule ovarien.
Ce follicule produit progressivement :
- de l’estradiol (E2)
- de l’inhibine
- des récepteurs à la LH
Pendant cette phase, l’estradiol exerce un rétrocontrôle négatif sur l’hypophyse, maintenant la LH à un niveau relativement bas.
L’ovulation
Lorsque l’estradiol atteint un certain seuil (vers le 13ᵉ-14ᵉ jour du cycle), son action devient paradoxalement positive sur l’hypophyse.
Il en résulte :
- un pic de LH
- un pic de FSH plus modéré
Ce pic de LH déclenche l’ovulation, c’est-à-dire la libération de l’ovocyte.
Phase lutéale
Après l’ovulation, le follicule se transforme en corps jaune, qui produit principalement de la progestérone.
Cette hormone prépare l’endomètre à une éventuelle implantation.
La progestérone exerce alors un rétrocontrôle négatif sur la LH, stabilisant la seconde partie du cycle.
En l’absence de fécondation, le corps jaune régresse, les taux hormonaux chutent et les règles apparaissent.
Les autres hormones impliquées dans l’équilibre féminin
La physiologie hormonale féminine ne se limite pas aux ovaires.
Les glandes surrénales produisent également des hormones androgènes, notamment :
- DHEA (déhydroépiandrostérone)
- androstènedione
Ces hormones peuvent ensuite être converties en testostérone ou en œstrogènes selon les tissus.
Les hormones sexuelles circulent dans le sang principalement liées à une protéine produite par le foie :
la SHBG (Sex Hormone Binding Globulin).
Cette protéine régule la fraction d’hormones biologiquement actives.
Deux autres hormones hypophysaires jouent également un rôle important :
- la prolactine, impliquée dans l’allaitement
- l’ocytocine, qui intervient dans l’accouchement et l’éjection du lait
Les effets des principales hormones sexuelles
Les œstrogènes
Les œstrogènes ont de nombreux effets sur l’organisme féminin :
- stimulation de la croissance des tissus génitaux
- développement de l’endomètre
- augmentation de la vascularisation des tissus
- stimulation des glandes mammaires
Ils augmentent également la perméabilité vasculaire, ce qui peut expliquer certains symptômes prémenstruels comme :
- la tension mammaire
- les œdèmes
- la sensation de congestion pelvienne
La progestérone
La progestérone agit comme un contrepoids physiologique aux œstrogènes.
Elle :
- stabilise l’endomètre
- diminue la perméabilité vasculaire
- exerce un effet calmant sur le système nerveux central
Sur le plan neurobiologique, ses métabolites (notamment l’alloprégnanolone) modulent les récepteurs GABA, ce qui contribue à ses effets anxiolytiques et sédatifs.
Les androgènes
Chez la femme, les androgènes sont produits :
- par les ovaires
- par les glandes surrénales
Ils jouent un rôle dans :
- la libido
- la masse musculaire
- la densité osseuse
- la vitalité générale
Mais lorsqu’ils sont produits en excès, ils peuvent entraîner :
- acné
- chute de cheveux
- pilosité excessive
L’évolution hormonale avec l’âge
À partir de la quarantaine, la production hormonale ovarienne devient plus irrégulière.
La première hormone à diminuer est généralement la progestérone, ce qui crée souvent une situation de déséquilibre œstrogènes/progestérone.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les symptômes de syndrome prémenstruel peuvent s’accentuer en préménopause.
Plus tard, vers 50 ans en moyenne, la production d’œstrogènes chute à son tour, conduisant progressivement à la ménopause, définie par 12 mois consécutifs sans règles.
Hyperœstrogénie : un déséquilibre fréquent
Dans la pratique clinique, l’hyperœstrogénie correspond rarement à une véritable surproduction ovarienne.
Elle est plus souvent liée à :
- une diminution de la progestérone
- une élimination hépatique insuffisante des œstrogènes
- une augmentation de l’aromatisation périphérique (notamment dans le tissu adipeux)
- une dysbiose intestinale favorisant la réabsorption des œstrogènes
Ce phénomène implique notamment l’activité de certaines bactéries intestinales capables de déconjuguer les œstrogènes, permettant leur réabsorption.
Manifestations possibles
Un excès relatif d’œstrogènes peut se manifester par :
- syndrome prémenstruel marqué
- mastoses
- fibromes
- endométriose
- règles abondantes
- irritabilité cyclique
- cellulite
- insuffisance veineuse
Hyperandrogénie : reconnaître les signes
L’hyperandrogénie se manifeste le plus souvent par :
- hirsutisme
- acné
- alopécie androgénétique
Elle s’accompagne fréquemment de troubles du cycle :
- cycles longs
- règles irrégulières
- aménorrhée
Elle peut être liée à plusieurs causes, dont le SOPK, certaines pathologies surrénaliennes ou des troubles métaboliques.
Pourquoi ces bases sont essentielles
Comprendre la physiologie hormonale permet de mieux saisir :
- les mécanismes des troubles féminins
- les interactions entre hormones, métabolisme et microbiote
- les leviers d’action possibles en phyto- et micronutrition
Dans de prochains articles, nous aborderons justement les stratégies naturelles utilisées en naturopathie pour accompagner :
- le syndrome prémenstruel
- l’endométriose
- les fibromes
- la préménopause
- le syndrome des ovaires polykystiques
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À très bientôt pour la suite.
Véronique
