Sevrage tabagique, stratégie phyto/micronutritionnelle d’accompagnement

Un sevrage tabagique peut-être largement facilité par la mise en place d’une stratégie phyto/micronutritionnelle adaptée

Arrêter de fumer, c’est bien, mais ce n’est pas évident: les manifestations physiques et psychiques caractéristiques d’un syndrome de manque de tabac peuvent être violentes, voire insupportables pour certains.

Manifestations physiques et psychiques caractéristiques d’un syndrome de manque de tabac : de fortes pulsions à fumer, de l’irritabilité, de la nervosité, de l’agitation, de l’anxiété, des perturbations du sommeil, une humeur dépressive, des troubles de la concentration, une augmentation de l’appétit, de la constipation

En revanche, ces diverses manifestations peuvent être largement minimisées par une stratégie phyto/micronutritionnelle spécifique.

Cette stratégie peut être associée à d’autres outils tels l’hypnose et/ou l’acupuncture.

Elle peut aussi être associée à une stratégie de prise dégressive de substituts nicotiniques (patchs, gommes,…).

Mais avant de vous livrer cette complémentation spécifique d’accompagnement d’un sevrage tabagique (pour le sevrage de médicaments psychotropes, cliquez ici) , j’aimerais vous rapporter les découvertes – en matière d’addiction à la cigarette –  de Jean Pol Tassin*. Cela vous permettra (entre autre) de mieux comprendre le choix des plantes et micronutriments du protocole.

*Jean Pol Tassin est directeur de recherche émérite à l’INSERM. Il étudie les mécanismes physiologiques qui sous-tendent l’addiction. Cliquez ici pour les détails de ses recherches

L’origine de l’addiction à la cigarette..

Depuis environ 1988, on sait que tous les produits qui déclenchent de la dépendance chez l’homme, comme l’amphétamine et la cocaïne, mais aussi la morphine, l’héroïne, la nicotine et l’alcool, augmentent la libération de dopamine dans le noyau accumbens du cerveau.

Dans ce mécanisme, une autre voie de régulation a été décrite par Jean Pol Tassin en 2010.

Cette autre voie met en action les réseaux noradrénergiques et sérotoninergiques, qui sont tous 2 liés et se contrôlent mutuellement, comme 2 roues dentées : l’activation de l’un entraînant l’activation de l’autre (couplage).

Ainsi, les modulations engendrées par le circuit sérotoninergique (prise de recul, induction et maintien du sommeil, réduction de l’anxiété, réduction des compulsions,…) atténuent les réactions de vigilance et d’alerte, d’insomnie et d’anxiogénèse du circuit noradrénergique.

En revanche, l’effet des drogues est d’activer simultanément ces 2 systèmes , et le lien qui existe entre les 2 se défait (découplage): il y a alors perte de lien entre le désir et le contrôle.

En ce qui concerne la nicotine seule, elle ne génère PAS ce découplage caractéristique de l’addiction, elle ne fait qu’augmenter les taux de dopamine.

Quand on associe des IMAO* à cette nicotine, il y a par contre découplage (donc addiction).

*Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) sont une classe d’antidépresseurs. Ils ont un effet inhibant sur l’enzyme monoamine oxydase, enzyme qui entraîne (logiquement) l’inactivation des neurotransmetteurs de la classe des monoamines (noradrénaline, dopamine et sérotonine). Ces IMAO permettent donc l’augmentation artificielle du taux de neurotransmetteurs de la classe des monoamines.

Malheureusement, l’augmentation artificielle des taux de sérotonine par ces IMAO a pour conséquence de désensibiliser 1 de ses récepteurs, le 5-HT1A. Or, ce récepteur protège les neurones qui produisent de la sérotonine de l’effet de la nicotine. Les IMAO permettent donc à la nicotine de révéler son pouvoir addictif (découplage)

Pour que la nicotine produise l’addiction, il faut donc lui associer soit des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), soit des substances qui ont la même action,

Et où trouve-t-on ces IMAO expliquant l’aspect addictif de la cigarette?

En fait, les produits sucrés – tel le miel ou le chocolat ajoutés par les industriels pour adoucir le goût amer du tabac – donnent naissance – quand ils brulent- à des aldéhydes, et ces aldéhydes sont de puissants IMAO (= inhibiteur donc de l’enzyme monoamine oxydase).

Pour adoucir un sevrage tabagique (chez les plus addicts), il faut donc prendre en compte cet aspect IMAO dans la stratégie de sevrage tabagique.

Au niveau des plantes, il y a en a une très bien pour cela. Je vous en reparle plus bas.

Mais avant cela, voyons déjà comment organiser votre sevrage.

Organiser votre sevrage tabagique

Pour arrêter de fumer, il faut déjà s’assurer que la motivation est présente et assez forte,

Si c’est le cas, vous allez pouvoir vous fixer une date, et bien sûr choisir vos outils.

Au niveau de ces outils, voici quelques suggestions:

  • 1 stratégie phyto/micronutritionnelle spécifique sevrage seule.
  • 1 stratégie phyto/micronutritionnelle spécifique sevrage associée à 1 ou plusieurs techniques de sevrage (hypnose et/ou acupuncture).
  • 1 ou plusieurs techniques de sevrage ( hypnose et/ou acupuncture) sans ajouter de stratégie phyto/micronutritionnelle spécifique sevrage.
  • 1 stratégie phyto/micronutritionnelle spécifique sevrage associée à la prise dégressive de substituts nicotiniques.

Passons maintenant au détail de cette stratégie plantes et micronutriments d’accompagnement.

Stratégie phyto/micronutritionnelle d’accompagnement d’un sevrage tabagique

Pour commencer, un apport de tyrosine associé aux vitamines du group B va permettre de combler le déficit en dopamine et en noradrénaline (consécutif du découplage),

Il faut commencer à complémenter environ 3 semaines avant l’arrêt du sevrage (pour remplir les stocks).

Durant ces 3 semaines, diminution aussi des cigarettes fumées dans la journée et la semaine (ex : 1 seule cigarette fumée par jour durant la 1ère semaine, puis 5 durant la 2ème semaine, puis 3 la dernière semaine)..

En ce qui concerne l’effet IMAO de la cigarette (liés donc à la combustion des sucres, rappelez-vous), il faut environ 3 semaines pour qu’il disparaisse après l’arrêt de la cigarette,

C’est donc à partir de la 3ème semaine d’arrêt que vous aller « recharger » en sérotonine, via son précurseur le 5 http, contenu (par ex) dans le Griffonia.

Griffonia, précautions d’emploi : interaction possible avec les antidépresseurs

Pour l’apport d’un inhibiteur de la recapture de cette sérotonine (= effet IMAO mimétique), la plante la plus adaptée est le millepertuis.

Attention, le millepertuis ne s’associe pas avec la cyclosporine, les inhibiteurs de protéases, de la transcriptase réverse et autres anti-viraux, antimigraineux type sumatriptan et tramadol.

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Voici un exemple de protocole griffonia/millepertuis associé à des patchs à la nicotine :

Au jour de l’arrêt du tabac, ce dernier est accompagné de l’application de patchs, classiquement étalonnés à 28 mg les 3 premières semaines, 14 les trois suivantes, et 7 les trois dernières, (modulable selon la clinique),

Parallèlement à ces patchs, un apport de griffonia sous forme d’extrait de plantes fraiches standardisées (sans alcool) :1 cuillère à café (5ml) matin midi et soir (au lever et dans l’après midi).

Toujours parallèlement, 1 cuillère à café (5ml) tous les matins de millepertuis sous forme d’extrait de plantes fraiches standardisées (sans alcool).

Ces doses peuvent être adaptées en fonction de la réponse et doivent être maintenues au moins pendant les 9 semaines de désensibilisation à la nicotine. Voire 1 mois de plus.

Ces doses seront ensuite diminuées progressivement

Si vous n’utilisez pas de substituts nicotiniques (patchs ou autre), gardez les posologies des formes liquides de plantes indiquées au dessus.

Dans tous les cas, pensez à l’apport de tyrosine et de vit B.

Voilà pour l’article du jour

Je vous dis donc à très vite pour la suite

Véronique

Ps: N’hésitez pas à vous exprimer dans l’espace commentaires qui se trouve plus bas…

 

 
 
 
 
 
 

6 commentaires

  1. David 30 novembre 2019
  2. Cécile Pélegrin 3 décembre 2018
    • Véronique Duivon 6 décembre 2018
  3. Mme Niureddine khadija 3 décembre 2018

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