Dans les deux premiers articles de cette série, nous avons vu ce qu’est le syndrome de l’intestin irritable (SII), ses mécanismes physiologiques et pourquoi certains aliments peuvent déclencher les symptômes digestifs.
(article 1 de cette série sur le syndrome de l’intestin irritable, article 2,)
Comprendre ce syndrome est essentiel, mais cela ne suffit pas.
La question la plus importante reste finalement celle-ci :
comment accompagner concrètement une personne souffrant de syndrome de l’intestin irritable ?
En consultation, la prise en charge ne se résume jamais à donner une simple liste d’aliments autorisés ou interdits.
Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble multifactoriel. L’alimentation joue un rôle important, mais elle n’est qu’un élément parmi d’autres.
La prise en charge repose donc toujours sur une approche globale, qui prend en compte le terrain digestif, l’équilibre nerveux, l’alimentation et l’histoire de la personne.
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La première étape : vérifier le diagnostic médical
Avant toute chose, il est indispensable de s’assurer qu’un diagnostic médical a été posé.
Le syndrome de l’intestin irritable est un diagnostic d’exclusion. Cela signifie que le médecin doit d’abord éliminer d’autres pathologies digestives susceptibles d’expliquer les symptômes.
Selon la situation, différents examens peuvent être réalisés afin d’écarter notamment :
- la maladie cœliaque
- les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
- certaines infections digestives
- des troubles de malabsorption du lactose ou du fructose.
Lorsque ces pathologies ont été exclues et que les critères diagnostiques du SII sont réunis, il devient possible de mettre en place une stratégie d’accompagnement.
Une consultation centrée sur la compréhension du terrain
Lors de la première consultation, l’objectif n’est pas uniquement d’identifier les aliments problématiques.
Il s’agit surtout de comprendre le fonctionnement digestif global de la personne.
Cette étape comprend plusieurs éléments.
L’analyse des symptômes digestifs
La première étape consiste à analyser précisément les symptômes digestifs.
On cherche notamment à comprendre :
- la nature des douleurs abdominales
- leur fréquence
- leur intensité
- leur relation avec les repas
- la présence de ballonnements
- les troubles du transit (diarrhée, constipation ou alternance des deux).
Certaines personnes présentent également d’autres manifestations digestives comme :
- des reflux
- des sensations de lourdeur digestive
- des gargouillements intestinaux.
Cette analyse permet déjà d’orienter la stratégie d’accompagnement.
L’enquête alimentaire
L’alimentation est ensuite étudiée en détail.
La personne est invitée à décrire une journée alimentaire type. Cette enquête permet d’identifier plusieurs éléments :
- la consommation de céréales et de produits à base de blé
- la présence de produits laitiers
- la consommation de fruits et de légumes
- la consommation d’aliments industriels
- la présence d’excitants comme le café ou l’alcool.
Cette étape permet aussi d’observer certaines habitudes qui peuvent perturber la digestion :
- repas pris trop rapidement
- mastication insuffisante
- repas trop copieux
- consommation importante d’aliments ultra-transformés.
Dans de nombreux cas, l’amélioration de ces habitudes peut déjà soulager une partie des symptômes.
L’évaluation du stress et de l’équilibre nerveux
Le syndrome de l’intestin irritable est étroitement lié au fonctionnement de l’axe intestin-cerveau.
Le stress chronique, l’anxiété ou certaines tensions émotionnelles peuvent modifier la motricité digestive et accentuer la sensibilité intestinale.
Lors de la consultation, il est donc important d’évaluer :
- le niveau de stress quotidien
- la qualité du sommeil
- l’état émotionnel général
- les événements de vie récents.
Cette dimension est essentielle, car chez certaines personnes, les périodes de stress aggravent clairement les symptômes digestifs.
La prise en charge du stress fait donc partie intégrante de la stratégie thérapeutique.
L’analyse du terrain biologique
Lorsque des analyses sanguines sont disponibles, elles peuvent également être étudiées.
Certaines informations biologiques permettent d’affiner la compréhension du terrain digestif.
On peut notamment s’intéresser à :
- la fonction thyroïdienne
- le statut en fer
- les niveaux de vitamine D
- certains marqueurs inflammatoires.
Ces éléments permettent d’identifier d’éventuels déséquilibres pouvant influencer la digestion ou la vitalité générale.
La première étape alimentaire : l’épargne digestive
Une fois l’ensemble de ces éléments analysé, la première étape de la stratégie consiste souvent à mettre en place ce que l’on appelle une alimentation d’épargne digestive.
L’objectif est de réduire la charge digestive afin de calmer progressivement l’hypersensibilité intestinale.
Cette approche consiste généralement à :
- réduire les excitants comme le café et l’alcool
- limiter les aliments très transformés
- privilégier des aliments simples et bien cuits
- améliorer la mastication
- éviter les repas trop copieux.
Dans certains cas, il peut également être utile de réduire temporairement :
- les produits laitiers contenant du lactose
- certaines céréales riches en fructanes.
Cette première étape est volontairement peu restrictive, afin de laisser le temps au système digestif de retrouver un certain équilibre.
Chez certaines personnes, cette simple adaptation de l’alimentation suffit déjà à améliorer nettement les symptômes.
Quand aller plus loin dans la stratégie alimentaire
Si les symptômes persistent malgré cette première phase d’épargne digestive, il devient alors pertinent d’explorer une approche plus ciblée.
C’est dans ce contexte que peut être envisagée la stratégie alimentaire basée sur les FODMAP.
Cette méthode permet d’identifier plus précisément les aliments responsables des fermentations digestives excessives.
Elle ne consiste pas à supprimer définitivement de nombreux aliments, mais plutôt à identifier les seuils de tolérance propres à chaque personne.
C’est ce que nous verrons en détail dans le prochain article de cette série.
Une prise en charge progressive et personnalisée
Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble complexe qui nécessite une approche individualisée.
Chaque personne possède une sensibilité digestive particulière, liée à son microbiote, à son alimentation, à son niveau de stress et à son histoire personnelle.
La prise en charge vise donc à réduire progressivement les facteurs déclencheurs, afin de restaurer un fonctionnement digestif plus confortable et plus stable.
Dans le prochain article (4/4), nous verrons comment fonctionne concrètement le régime pauvre en FODMAP, souvent utilisé dans la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable.
Voilà pour les infos du jour,
Sur ce je vous dis à très vite!
Véronique Duivon -Naturopathe🌿

Bonjour
J’ai été formée à la méthode Fodmap par la Monash University en Australie, c’est une formation passionnante pour nous permettre d’accompagner les personnes atteintes de troubles fonctionnels intestinaux
Bonjour Sandra, merci mille fois de ton témoignage..
Tu exerces où ?
Avec plaisir ! J’exerce dans le Tarn ou à distance
Quelle belle région!
;-)