Lorsque l’on parle de troubles thyroïdiens, on pense généralement à une carence en iode, à une maladie auto-immune ou encore à un problème de conversion hormonale. Pourtant, un autre facteur hormonal peut également jouer un rôle important : la dominance en œstrogènes, aussi appelée hyperœstrogénie relative.
Comprendre ce lien permet parfois d’expliquer certaines hypothyroïdies fonctionnelles et d’améliorer la prise en charge naturopathique.
Qu’est-ce que la dominance en œstrogènes ?
La dominance œstrogénique ne signifie pas nécessairement que le taux d’œstrogènes est anormalement élevé. Il s’agit le plus souvent d’un déséquilibre entre les œstrogènes et la progestérone.
On parle donc d’hyperœstrogénie relative lorsque les œstrogènes ne sont plus suffisamment contrebalancés par la progestérone.
Ce déséquilibre est extrêmement fréquent. On estime qu’environ 70 % des femmes traversent à un moment de leur vie une phase de dominance œstrogénique.
Plusieurs situations peuvent favoriser cet état hormonal :
la prémenopause
le syndrome prémenstruel
la grossesse
le surpoids (le tissu adipeux produit des œstrogènes par aromatisation)
la prise de contraceptifs hormonaux
les traitements hormonaux substitutifs
une mauvaise détoxification hépatique des œstrogènes
Le rôle des œstrogènes dans le transport des hormones thyroïdiennes
Pour comprendre le lien entre hyperœstrogénie et hypothyroïdie, il faut s’intéresser au transport des hormones thyroïdiennes dans le sang.
Les hormones thyroïdiennes (T4 et T3) ne circulent pas librement dans la circulation sanguine. Elles sont en grande partie liées à des protéines de transport.
La principale d’entre elles est la TBG (thyroxine-binding globulin).
Cette protéine est synthétisée par le foie et assure le transport d’une grande partie des hormones thyroïdiennes.
Or, les œstrogènes ont la capacité d’augmenter la production de TBG.
Pourquoi cela peut ralentir la fonction thyroïdienne
Lorsque la concentration de TBG augmente, une proportion plus importante des hormones thyroïdiennes se retrouve liée à cette protéine de transport.
Or, lorsqu’elles sont liées, ces hormones deviennent biologiquement inactives.
Autrement dit :
plus de TBG
→ plus d’hormones thyroïdiennes liées
→ moins d’hormones thyroïdiennes libres disponibles pour les cellules.
C’est précisément pour cette raison que, dans les bilans biologiques, on mesure les formes libres :
FT4 (T4 libre)
FT3 (T3 libre)
Ces fractions libres représentent les hormones réellement actives dans l’organisme.
Lorsque la TBG augmente, la quantité d’hormones libres peut diminuer, ce qui peut entraîner un ralentissement fonctionnel du métabolisme thyroïdien.
L’effet des œstrogènes sur la conversion hormonale
Les œstrogènes peuvent également influencer la conversion de la T4 en T3.
Comme nous l’avons vu dans d’autres articles, la T4 est une hormone majoritairement inactive qui doit être convertie en T3 active pour agir sur les cellules.
Cette conversion dépend notamment du foie, du microbiote intestinal et de certaines enzymes.
Or, la dominance en œstrogènes peut favoriser :
une diminution de cette conversion
une conversion accrue vers la T3 reverse (rT3)
La T3 reverse est une forme inactive de l’hormone thyroïdienne.
Lorsque cette voie métabolique devient dominante, l’activité hormonale globale diminue.
Une relation hormonale dans les deux sens
La relation entre thyroïde et hormones sexuelles est en réalité bidirectionnelle.
Autrement dit :
une dominance en œstrogènes peut favoriser un ralentissement thyroïdien
mais une hypothyroïdie peut également perturber le fonctionnement ovarien.
Une thyroïde sous-active peut par exemple entraîner :
des cycles menstruels irréguliers
un syndrome prémenstruel plus marqué
une fertilité réduite
une aggravation de la dominance œstrogénique.
Une prise en charge globale
Dans la pratique, il est souvent pertinent d’explorer ces deux axes simultanément.
Lorsqu’une hypothyroïdie est associée à des signes de dominance œstrogénique, il peut être utile de travailler sur :
l’équilibre hormonal global
la détoxification hépatique des œstrogènes
l’alimentation
la gestion du stress
l’état du microbiote
Une approche globale permet souvent d’améliorer la régulation hormonale.
Ce qu’il faut retenir
La dominance en œstrogènes peut influencer la fonction thyroïdienne de plusieurs manières :
augmentation de la TBG
diminution de la fraction libre des hormones thyroïdiennes
perturbation de la conversion hormonale.
Dans certains cas, une hypothyroïdie apparente peut donc être liée en partie à ce déséquilibre hormonal.
C’est pourquoi, lorsqu’un ralentissement thyroïdien est identifié, il peut être pertinent d’évaluer également l’équilibre œstrogènes/progestérone.
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Véronique

Bonjour,
Les crucifères crus n’étant pas conseillé à une femme ayant subit une ablation de la thyroïde, quelles plantes pour le foie pourrait détoxifier un excès d oestrogènes ?
Le fumeterre peut il remplir cette fonction/ l excès de oestrogènes?
Bien cordialement
Thierry
Bonjour Thierry, aucun problème à prendre des crucifères crus si la personne n’a plus de thyroïde et est donc sous traitement thyroïdien de synthèse. Il faut juste éviter de prendre ces associations de plantes contenant des crucifères crus (radis noir,…) loin du traitement thyroïdien..
Bien à vous