Sécheresse vaginale et ménopause : comprendre le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM)

« J’ai de gros problèmes de sécheresse vaginale », m’expliquait Cécile lors d’une consultation.

À 60 ans, elle n’avait jamais connu ce type de gêne auparavant. Les rapports sexuels étaient devenus douloureux, parfois même impossibles. Progressivement, les moments d’intimité dans son couple avaient perdu leur spontanéité, puis leur fréquence.

Comme beaucoup de femmes, Cécile pensait qu’il s’agissait simplement d’un désagrément lié à l’âge.

En réalité, ce symptôme fait souvent partie d’un ensemble plus large appelé Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause, ou SGUM.

Qu’est-ce que le SGUM ?

Le Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause regroupe l’ensemble des modifications touchant les tissus génitaux et urinaires liées à la baisse des hormones féminines après la ménopause.

Autrefois, on parlait simplement d’« atrophie vulvo-vaginale ». Le terme SGUM est aujourd’hui privilégié car il reflète mieux la diversité des symptômes observés.

Ces modifications sont principalement liées à la diminution des œstrogènes.

Avant la ménopause, les concentrations d’œstradiol peuvent varier entre 40 et 400 pg/ml selon les phases du cycle. Après la ménopause, ces valeurs chutent généralement en dessous de 20 pg/ml.

Cette baisse hormonale entraîne des modifications progressives des tissus du plancher pelvien.

Les effets de la baisse des œstrogènes sur la muqueuse vaginale

Les œstrogènes jouent un rôle essentiel dans la santé des muqueuses génitales.

Ils participent notamment :

au maintien de l’épaisseur de l’épithélium vaginal
à la vascularisation des tissus
à la production de sécrétions vaginales
à l’équilibre du microbiote vaginal.

Lorsque les œstrogènes diminuent, plusieurs changements apparaissent progressivement :

la muqueuse vaginale devient plus fine
les sécrétions diminuent
la vascularisation se réduit
les fibres de collagène et d’élastine diminuent.

Ces modifications conduisent à une déshydratation des tissus vaginaux, souvent perçue comme une sensation de sécheresse ou de brûlure.

Un microbiote vaginal modifié

La baisse des œstrogènes modifie également l’équilibre de la flore vaginale.

Chez la femme en période fertile, le microbiote vaginal est généralement dominé par des lactobacilles qui maintiennent un pH acide protecteur.

Après la ménopause, la diminution des œstrogènes entraîne :

une baisse des lactobacilles
une augmentation du pH vaginal.

Cette modification du pH favorise parfois la prolifération de certains micro-organismes et peut expliquer une augmentation des infections vaginales ou urinaires.

Les différents symptômes du SGUM

Les manifestations du SGUM peuvent être regroupées en trois grandes catégories.

Les symptômes génitaux

La sécheresse vaginale est le symptôme le plus fréquent.

Elle peut s’accompagner de :

sensation d’irritation
brûlures
démangeaisons
inconfort vulvaire.

Les symptômes urinaires

Les tissus urinaires étant également sensibles aux œstrogènes, certaines femmes peuvent présenter :

envies d’uriner plus fréquentes
sensation d’urgence urinaire
infections urinaires récidivantes.

Les symptômes sexuels

La sécheresse vaginale peut entraîner une douleur lors des rapports sexuels, appelée dyspareunie.

Cette gêne peut progressivement modifier la vie intime du couple et conduire à une baisse de la libido ou à un évitement des rapports.

Quelles solutions pour améliorer la sécheresse vaginale ?

Plusieurs approches peuvent être proposées selon la situation de chaque femme.

Certaines femmes se tournent vers un traitement hormonal substitutif, prescrit par leur médecin, qui peut être administré sous différentes formes : patchs, gels, comprimés ou traitements locaux.

D’autres préfèrent utiliser des lubrifiants ou hydratants vaginaux, qui permettent d’améliorer le confort local.

Certaines techniques médicales, comme les traitements par laser vaginal, sont également parfois proposées afin de stimuler la régénération des tissus.

Enfin, certaines femmes choisissent des approches naturelles, notamment par l’utilisation de plantes ou de stratégies micronutritionnelles visant à soutenir l’équilibre hormonal et la santé des muqueuses.

Une problématique fréquente mais encore taboue

Le SGUM est extrêmement fréquent après la ménopause.

Pourtant, beaucoup de femmes hésitent encore à en parler, parfois par pudeur ou parce qu’elles pensent que ces symptômes sont simplement « normaux avec l’âge ».

Or, des solutions existent et peuvent améliorer significativement la qualité de vie.

Parler de ces symptômes avec un professionnel de santé constitue souvent le premier pas vers une prise en charge adaptée.

Conclusion

La sécheresse vaginale n’est pas seulement un inconfort local : elle fait souvent partie d’un ensemble de modifications physiologiques liées à la ménopause.

Comprendre les mécanismes biologiques du SGUM permet de mieux appréhender ces symptômes et d’envisager différentes stratégies d’accompagnement.

Comme souvent en santé féminine, une approche combinant connaissances médicales et hygiène de vie globale permet d’apporter des réponses adaptées à chaque situation.

Voilà pour les infos du jour,

Véronique

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