Dans le premier article consacré aux bienfaits thérapeutiques des oméga 3 et 6, nous avons vu que l’intérêt physiologique de ces acides gras repose surtout sur leurs dérivés biologiquement actifs : EPA, DHA, GLA et DGLA.
Nous avons également vu que :
- les huiles de poissons apportent directement les oméga 3 à longue chaîne EPA et DHA
- l’huile d’onagre est naturellement riche en GLA, précurseur du DGLA.
Ces acides gras dérivés interviennent dans la production de médiateurs lipidiques impliqués dans la régulation :
- de l’inflammation
- de la circulation sanguine
- de l’équilibre hormonal
- du fonctionnement cérébral.
Voyons maintenant dans quels cas il peut être pertinent de recourir à une complémentation, et à quels dosages.
Dans quels cas complémenter en oméga 3 (huiles de poissons) ?
Les oméga 3 à longue chaîne, en particulier EPA et DHA, possèdent de nombreux effets physiologiques :
- amélioration de la relaxation vasculaire
- diminution de l’agrégation plaquettaire
- régulation des triglycérides sanguins
- modulation de l’inflammation
- protection neuronale.
Une complémentation peut être envisagée dans deux grandes situations :
1. En prévention nutritionnelle
La complémentation peut être intéressante lorsque l’apport alimentaire est insuffisant, notamment si :
- la consommation de poissons gras est faible
- l’alimentation manque d’huiles riches en ALA (colza, noix…)
- l’apport en cofacteurs enzymatiques est insuffisant.
Rappelons que la transformation de l’ALA en EPA et DHA dépend notamment de :
- zinc
- magnésium
- calcium
- fer
- vitamines B3 et B6.
Une carence dans ces nutriments peut limiter cette conversion.
2. Lorsque la conversion métabolique est perturbée
Certaines situations physiologiques ou pathologiques peuvent réduire l’activité des enzymes delta-6 et delta-5 désaturases, nécessaires à la synthèse d’EPA et DHA.
C’est notamment le cas lors :
- de troubles hépatiques
- du vieillissement
- du syndrome métabolique
- d’un excès d’oméga 6 alimentaires
- d’un terrain inflammatoire chronique.
Dans ces situations, l’apport direct d’EPA et DHA via les huiles de poissons peut s’avérer particulièrement utile.
Situations cliniques où les oméga 3 sont particulièrement intéressants
La complémentation en EPA et DHA est étudiée ou utilisée dans plusieurs contextes.
Pathologies inflammatoires
- maladies inflammatoires intestinales
- polyarthrite rhumatoïde
- psoriasis
- asthme
- certaines pathologies cardiovasculaires.
Les oméga 3 favorisent en effet la production de médiateurs anti-inflammatoires.
Pathologies chroniques
On peut également envisager une complémentation dans certains contextes de pathologies au long cours :
- maladies auto-immunes
- infections à répétition
- certaines pathologies cancéreuses.
Troubles neuropsychiques
Les oméga 3, notamment l’EPA, interviennent dans la modulation de la neurotransmission.
Ils peuvent donc être intéressants dans :
- la dépression de l’enfant
- les troubles de l’humeur chez l’adulte
- certaines dépressions saisonnières
- en complément d’un accompagnement micronutritionnel.
Quel type de complément choisir ?
Tous les compléments d’huiles de poissons ne possèdent pas la même composition.
On distingue généralement trois profils :
Complément équilibré EPA/DHA
Il s’agit du profil classique :
- environ 18 % d’EPA
- environ 12 % de DHA
Ce type de produit est utilisé dans une approche globale de prévention ou d’entretien.
Complément enrichi en EPA
Un apport plus élevé en EPA peut être intéressant lors :
- de troubles cardiovasculaires
- d’inflammation aiguë
- de troubles de l’humeur
- de troubles du comportement chez l’enfant.
L’EPA favorise notamment la synthèse de prostaglandines anti-inflammatoires (PGE3).
Complément enrichi en DHA
Le DHA joue un rôle majeur dans la structure des membranes neuronales.
Une supplémentation plus riche en DHA peut être intéressante dans :
- le déclin cognitif
- certaines dépressions de l’adulte après 45 ans
- les troubles visuels (dégénérescence maculaire)
- les atteintes neurologiques.
Le DHA participe également à la production de résolvines et protectines, impliquées dans la résolution de l’inflammation.
Dosage d’une complémentation en oméga 3
Avant toute chose, il est important de bien lire les étiquettes.
La dose indiquée correspond souvent à la quantité d’huile totale et non à la quantité réelle d’oméga 3.
Par exemple :
une capsule de 1 g d’huile de poisson contenant
18 % d’EPA et 12 % de DHA
apporte en réalité :
- 180 mg d’EPA
- 120 mg de DHA
soit 300 mg d’oméga 3 actifs.
Recommandations générales
La dose de sécurité couramment retenue est :
environ 1 g d’oméga 3 (EPA + DHA) par jour
Dans certaines situations, les doses peuvent être plus élevées :
- plus de 1 g/jour en prévention cardiovasculaire
- environ 2,4 g/jour pour la réduction des triglycérides
- parfois jusqu’à 3 g/jour dans certaines pathologies inflammatoires.
Les doses élevées doivent être introduites progressivement et adaptées à la tolérance individuelle.
Précautions
Au-delà de certaines doses, quelques précautions sont nécessaires :
- au-delà de 3 g/jour, risque de saignement chez certains individus
- prudence en cas de prise d’anticoagulants
- risque de peroxydation lipidique si l’apport en antioxydants est insuffisant.
Il est donc recommandé d’associer les oméga 3 à une alimentation riche en :
- fruits et légumes colorés
- vitamine E
- vitamine C
- sélénium
- zinc.
Les gélules sont idéalement prises au cours des repas.
Dans quels cas complémenter en huile d’onagre ?
L’huile d’onagre est naturellement riche en GLA, un acide gras de la famille des oméga 6.
Le GLA est transformé en DGLA, précurseur des prostaglandines de série 1 (PGE1), possédant des effets anti-inflammatoires.
Cette propriété rend l’huile d’onagre particulièrement intéressante dans certains contextes.
Le syndrome prémenstruel
L’huile d’onagre est fréquemment utilisée dans l’accompagnement du syndrome prémenstruel (SPM).
Le SPM correspond à un ensemble de manifestations physiques et émotionnelles apparaissant en seconde partie de cycle et disparaissant avec l’arrivée des règles.
Parmi les symptômes fréquents :
- ballonnements
- mastodynies
- troubles du transit
- migraines
- rétention d’eau
- irritabilité
- envies de sucre.
Mécanisme physiologique
Dans de nombreux cas, le SPM est associé à :
- une insuffisance relative de progestérone
- une dominance relative des œstrogènes.
Le DGLA issu du GLA favorise la production de PGE1, qui participent :
- à la régulation de l’équilibre PGE1/PGE2
- à une meilleure sensibilité ovarienne aux variations hormonales
- à une stimulation indirecte de la production de progestérone.
L’huile d’onagre peut donc s’intégrer dans une stratégie globale de régulation du terrain hormonal.
Troubles cutanés
Le GLA est également important pour la physiologie cutanée.
On estime qu’environ 75 % du GLA physiologique est localisé dans la peau, où il participe à :
- l’élasticité cutanée
- la régulation de l’inflammation
- l’intégrité de la barrière cutanée.
Une complémentation peut être utile dans :
- l’eczéma
- le psoriasis
- la sécheresse cutanée.
Dosage de l’huile d’onagre
Dans les troubles cutanés ou le syndrome prémenstruel :
1 g par jour, au cours des repas.
Selon l’intensité des symptômes, la dose peut être augmentée jusqu’à :
2 g par jour.
À retenir
La complémentation en oméga 3 ou en GLA peut être particulièrement intéressante lorsque :
- l’alimentation est insuffisante
- les conversions métaboliques sont altérées
- le terrain inflammatoire ou hormonal le justifie.
Comme toujours en micronutrition, l’objectif reste de rétablir un équilibre physiologique, en tenant compte :
- du terrain de la personne
- de son alimentation
- et de son état de santé global.
Si vous avez des questions ou souhaitez partager votre expérience, n’hésitez pas à utiliser la section commentaires.
Et si cet article vous a été utile, vous pouvez bien sûr le partager autour de vous.
À très bientôt
Véronique
PS: Et pour ne pas manquer les prochains articles du blog, inscrivez vous à la newsletter

bonjour,
voulez-vous dire que la DHA doit être supérieure à l’EPA?
que pensez-vous de cet apport par jour:
Huile de poisson 1500mg –
Dont oméga 3 1200mg –
Dont EPA 600mg –
Dont DHA 450mg –
bien à vous
Leïla….C’est un peu élevé (mais le ratio DHA/EPA est bon)
bien à vous
bonjour,
Je suis impressionnée par vos connaissances, bravo!
Je suis en sevrage de seresta et j’ai vu que le romarin était drainant et la majorité des omega3 que j’ai trouvés sur internet contiennent de l’extrait de romarin. Qu’en pensez-vous? est-ce qu’il diminue l’action du seresta rendant plus difficile le sevrage? ou est-ce que je peux quand même les consommer sans risque? merci et bonne continuation.
Bonjour Leïla :-)
aucun problème avec le seresta et l’extrait de romarin utilisé dans les oméga 3. Soyez rassurée.
Encore une chose: pour le sevrage, je conseille généralement des omega 3 riches en DHA, et plus précisément ces derniers omega DHA là
Bien à vous
Bonjour Véronique
Quel plaisir d’avoir ses explications et comprendre notre métabolisme
En effet ayant beaucoup souffert de mes hormones (jamais contrôlées) et Spm cela s’est révélé aussi être dû à une l’adenomyose, inflammation du muscle utérin Vous connaissez ? Je suppose que cela est dû aux dérèglements hypophysaires et endocriniens aussi qui viennent impacter cette zone? Mais à part les taux thyroïdiens et récemment pour vérifier ma pre ménopause, j’en sais pas plus, dommage…car ds un bilan j’ai pas mal de carence : tx bas d’hématies – de calcium- de vitamine b9 Un médecin m’a juste donné de la B9 pour 2 mois
Je n’ai plus de douleurs, ni de règles et ventre gonflé, fatigue donc libération mais avec la ménopause qui arrive , mon végétarisme et sevrage tabagique d’autres carences ou pbs, une autre fatigue et déprime s’installent.
Un naturopathe m’a prescrit 2g/j d omega3
J’ai fais des cures de 3 mois, avec rhodiola, griffonia, magnésium et perso j’ajoute du kudzu et melatonine, indispensable pour pouvoir me sevrer et dormir au lieu des médicaments chimiques antidépresseurs anxiolytiques prescrits.
J’ai remarqué que les omega3 me rendaient cool (baisse du rythme cardiaque) mais trop molle?? C’est pour mon activité intellectuelle mon travail créatif et sevrage, insomnies, inflammation (utérine)
Et surtout gérer le stress et déprime car je suis en stress post traumatique et de nombreux symptômes quotidiens (difficultés de concentration, hypervigileance, anxiété, maux de tête, peurs, phobies…)
Est-ce un bon traitement ? Surtout que je mange du poisson et qqes cuillères d’huile de colza ou olive
J’ai vu un autre naturopathe depuis, n’ayant plus ces douleurs ni règles
Plutôt oxygénation cellulaire, jus d’herbe d’orge, vitamines B, phyto gemmo calm (je prends déjà des plantes quotidiennement rhodiola safran griffonia euphytose)
Voilà je m’interroge sr ces omega j’hésite à en ajouter déjà bcp de compléments
Actuellement en fer vitB12 B2 Feradix en cure d’attaque il paraît que ça remonte les tx de fer
Pourtant pas de carences en B12 alors je ne comprends pas mes tx bas comme calcium hématies B9?? mangeant des produits laitiers et oeufs…sauf viande rouge et viande depuis 4 ans c’est dû à ça indirectement ? ? Ménopause ? Stress postraumatique ? Stress oxydatif ? Tabac ou sevrage ? Alcool?
Je n’ai pas de traitement pour cela et je ne sais pas si ces phytos sont suffisantes?
aussi Oxelio par une dermatologue pour ma peau très sèche et soleil (omega3 et 6 zinc sélénium etc…) et mon psoriasis, allergies cutanées, prurit, eczéma…
J’ajoute de la vit A perso
Voilà bcp de pilules phyto, 8 compléments par jour environ, c’est pas trop?
Les prendre ensemble ça nuit pas à leur efficacité ? L’estomac ?
Merci de vos éclaircissements et éclairages
Bonne continuation
Bonjour Sophie. Il faudrait pour pouvoir vous répondre que j’ai les bilans sous les yeux (comprenant aussi la CRP marqueur de l’inflammation, la TSH et T3/T4 libres, la vit D)
Il faudrait rétablir ou optimiser la santé gastro-intestinale… qui peut être à l’origine de la carence en vit B12 (pour rappel: Le facteur intrinsèque est une glycoprotéine sécrétée par les cellules pariétales de la muqueuse de l’estomac. Il est nécessaire à l’absorption intestinale de la vit B12 ou cobalamine. Si l’estomac est en souffrance, cette absorption intestinale de B12 peut être contrariée)
le psoriasis me dit qu’il faut aller voir du côté du foie; l’eczéma, le prurit et les allergies cutanées me font penser à des allergies alimentaires (qui créent surement de l’inflammation intestinale)….Peut -être bien les produits laitiers? Et ou le soja? (c’est très fréquent pour les 2)
Bref…il y a des choses à faire au niveau du ventre
Il faudrait aussi réguler la sphère féminine…
Bien à vous et merci de votre confiance
Je me régale de tout vos articles, travail et précisions. Cela m aide dans mon travail de sevrage psychotropes .merci beaucoup .
je suis votre manuel…
Oh Veronik…quel sympathique commentaire! Vraiment merci à vous ;-)
Bonjour Véronique! Merci beaucoup de ces articles qui sont d’une aide précieuse pour les jeunes naturopathes!
Quelles seraient les durées idéales de complémentation en oméga 3 et 6? Faut-il procéder à des fenêtres thérapeutiques? Comment adaptez vous ces durées?
En vous remerciant par avance,
Bien à vous
Disons que si ton client/patient ne mange pas de poisson (et si possible gras) au minimum 3 fois par semaine (400g en tout), la complémentation peut être vraiment bénéfique.
Pour ce qui est de la durée, en fonction de la problématique (inflammation, sensibilité émotionnelle ou nerveuse,…)je dirai 2 à 3 mois (ou plus). Tout dépend aussi du budget. En fait, tout est au cas par cas ;-)
Bonjour Véronique,
Encore merci pour tous ces articles très bien expliqués dans les détails… Cela m’aide énormément dans mes études naturo.
Bien à vous,
Sophie
Oh merci Sophie..
Un de mes objectifs est donc atteint! (aider mes jeunes collègues futurs naturo!)
Bien à toi