La question de la « détoxification des œstrogènes » revient souvent en consultation, notamment en cas :
- de syndrome prémenstruel marqué
- d’endométriose
- de fibromes
- d’hyperœstrogénie relative
- de traitement hormonal
- de surpoids
- ou de troubles thyroïdiens associés
Mais que signifie réellement « détoxifier les œstrogènes » ?
Il ne s’agit pas d’éliminer des hormones “toxiques”,
mais d’optimiser leur métabolisme hépatique et leur élimination, afin d’éviter l’accumulation de métabolites potentiellement plus actifs biologiquement.
1- Rappel : le foie et les 3 phases de biotransformation
Le foie transforme les hormones stéroïdiennes (dont les œstrogènes) selon trois grandes étapes :
Phase I – Oxydation (cytochromes P450)
Les œstrogènes sont transformés en métabolites hydroxylés.
Phase II – Conjugaison
Les métabolites sont rendus plus hydrosolubles via :
- méthylation
- glucuroconjugaison
- sulfoconjugaison
- acétylation
Phase III – Transport et élimination
Les métabolites conjugués sont excrétés :
- par la bile (cycle entéro-hépatique)
- par les urines
Un déséquilibre entre ces phases peut entraîner une accumulation de métabolites intermédiaires plus réactifs.
2- Les voies de métabolisation des œstrogènes (Phase I)
Les principaux métabolites de l’estrone passent par trois voies :
- 2-hydroxylation → métabolites faiblement œstrogéniques
- 4-hydroxylation → métabolites plus réactifs
- 16α-hydroxylation → métabolites plus fortement œstrogéniques
La littérature suggère qu’un équilibre en faveur de la 2-hydroxylation serait plus favorable sur le plan biologique.
Certains facteurs influencent ces voies :
- statut thyroïdien
- adiposité
- exposition aux xéno-œstrogènes
- inflammation
- polymorphismes enzymatiques
Il ne s’agit pas de “forcer” une voie, mais d’optimiser l’environnement enzymatique global.
3- Méthylation et neutralisation des métabolites
Après hydroxylation, certains métabolites doivent être méthylés pour limiter leur réactivité.
La méthylation dépend :
- des vitamines B (B2, B6, B9, B12)
- du statut en magnésium
- du fonctionnement hépatique
- de la santé intestinale
Un déficit en cofacteurs peut ralentir cette étape.
Cependant, la supplémentation ne doit pas être systématique :
elle doit être justifiée par l’alimentation, le contexte clinique ou des données biologiques.
4- Le rôle central de l’intestin
Une fois conjugués, les œstrogènes sont excrétés dans la bile.
Mais une dysbiose peut produire une enzyme (β-glucuronidase) capable de déconjuguer ces hormones…
et de les réabsorber.
On parle alors de perturbation du cycle entéro-hépatique.
Ainsi, optimiser :
- le microbiote
- le transit
- l’inflammation intestinale
est tout aussi important que soutenir le foie.
5- Inflammation et surcharge métabolique
Une inflammation chronique de bas grade (CRP-us élevée) peut :
- altérer les enzymes hépatiques
- modifier la balance des voies métaboliques
- perturber la méthylation
Avant de “stimuler la détox”, il est souvent prioritaire de :
- réduire l’inflammation
- réguler la glycémie
- corriger l’insulinorésistance
- améliorer le sommeil
6- Approche naturopathique : logique moderne
La stratégie ne consiste pas à “drainer les œstrogènes”.
Elle consiste à :
- Optimiser l’hygiène de vie
- Réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens
- Soutenir la fonction hépatique si nécessaire
- Améliorer le transit et le microbiote
- Corriger les insuffisances micronutritionnelles
7- Phytothérapie et micronutrition : avec discernement
Certaines plantes traditionnellement utilisées pour soutenir la fonction hépatique (attention, ces plantes ont certaines contre-indications):
- artichaut
- radis noir
- curcuma
peuvent participer au soutien enzymatique.
Mais elles ne “modifient pas directement” une voie précise de métabolisation des œstrogènes.
Elles soutiennent le terrain hépatique global.
Concernant la méthylation :
- les vitamines du groupe B
- le magnésium
peuvent être utiles si l’alimentation est insuffisante.
Toute supplémentation doit rester individualisée.
8- Cas particuliers à surveiller
Une attention particulière est pertinente en cas de :
- traitement hormonal substitutif
- pilule contraceptive
- surpoids
- hypothyroïdie
- syndrome des ovaires polykystiques
- pathologies œstrogéno-dépendantes
Dans ces situations, l’objectif est d’optimiser le métabolisme hormonal, non de s’y substituer.
En conclusion
La « détoxification des œstrogènes » n’est pas un drainage ponctuel.
C’est un processus physiologique permanent impliquant :
- le foie
- l’intestin
- le statut micronutritionnel
- l’inflammation
- l’équilibre métabolique global
La naturopathie moderne n’a pas pour vocation de manipuler les hormones.
Elle vise à optimiser les conditions physiologiques de leur métabolisation.
Tradition et science se rejoignent ici :
soutenir le terrain plutôt que forcer le système.
Véronique ;-)

Bonjour, je me demande s’il est bon de faire une détox oestrogènique en perimenaupose ?… Alors que les oestrogènes chutent a cette période.
Merci de votre retour.
Bonjour Dorothée, et merci pour votre commentaire intéressant. Vous soulevez effectivement un point important qui m’amène à souligner l’hyperœstrogénie relative pendant la péri-ménopause. En effet, durant cette phase de transition, les niveaux hormonaux fluctuent, ce qui peut entraîner une diminution précoce de la progestérone avant celle de l’œstrogène. Cette baisse disproportionnée crée une situation où les effets de l’œstrogène sont plus prononcés, malgré une production globale d’œstrogène qui peut également diminuer progressivement. Cela peut causer des symptômes d’hyperœstrogénie, tels que des seins sensibles, des sautes d’humeur et une augmentation de la rétention d’eau.
La détoxification des œstrogènes par le foie joue un rôle crucial dans la régulation de ces hormones et dans le maintien de l’équilibre hormonal.
Bien à vous. Véronique
Bonjour Véronique,
J’avais entendu dire que pour les gens souffrant d’hypothyroïdie, il fallait éviter le radis noir, mais je vois que vous le conseillez notamment pour les cas d’hypothyroïdie, pouvez-vous m’expliquer ?
Bonjour Cécilia, voici une réponse sur le sujet que j’avais envoyée à ma liste d’abonnée:
2 questions , posées par Annabelle..
La 1ère :
Annabelle aimerait nettoyer son organisme en mettant en place une cure détox et elle me demande si c’est une bonne idée vu que sa thyroïde est un peu lente (TSH à 3) ?
Annabelle précise aussi qu’elle n’est pas spécialement fatiguée.
La 2ème question :
Annabelle aimerait ajouter un draineur pour accompagner sa détox, plus précisément des gélules d’artichaut/radis noir, et elle me demande ce que j’en pense ?
Commençons par ma réponse à sa 1ère question :
En fait, pour qu’une détox fonctionne, c’est-à-dire pour que les mécanismes de détoxification puissent être optimisés (voir simplement relancés), il faut qu’il y ait assez de vitalité (qui est le moteur de tous les processus organiques, détoxification inclusel).
Alors si Annabelle ne se sent pas spécialement fatiguée (malgré sa légère hypothyroïdie), faire une détox peut –être particulièrement bénéfique. L’encrassement organique entravant le fonctionnement de bien des organes, thyroïde incluse.
Toutefois, avant de mettre en place sa détox, j’ai conseillé à Annabelle de vérifier si elle n’avait pas de carences (en iode, en fer, …), et si oui, les combler, en accompagnant sa détox de compléments ou d’aliments spécifiques.
En ce qui concerne ma réponse à 2ème question, concernant la prise d’artichaut/artichaut noir en gélules (ou autre forme galénique) :
J’ai précisé à Annabelle que cela dépendait surtout du temps durant laquelle elle comptait prendre ces gélules, et cela à cause du radis noir ;.
En effet, le radis noir contient des glucosinolates (molécules soufrées), qui confèrent à ce radis noir bien des propriétés avantageuses (comme à tous les autres légumes qui en contiennent, comme les par ex les crucifères, le soja, etc.). (voir en PS pour une précision)
Or, ces glucosinnolates, lors du découpage de ces légumes (radis noir, crucifères, soja, etc.), entrent en contact avec une enzyme, la myrosinase , qui les hydrolyse en différents composés dont les isothiocyanates.
Hélas, ces thocyanates végétaux captent l’iode et empêchent sa fixation thyroïdienne…Ceux qui peut-être problématique lors d’usage prolongé si on souffre d’une affection thyroïdienne telle une hypothyroïdie.
En résumé, prendre de l’artichaut/radis noir en gélules (ou autre forme galénique) sur une courte période (20 jours) quand on a une légère hypothyroïdie n’est pas problématique…
;-)
Merci Véronique pour ces explications.
Auriez vous les références scientifiques svp?
merci
Bonjour Estelle,
Voici par ex ceci
Sinon, vous pouvez vous rendre sur PubMed et là vous mettez “détoxification des œstrogènes” dans le moteur de recherche et des tas de rapports de recherches sur le sujet vous seront livrées ;-)
Bien à vous
merci beaucoup pour ces infos trés clair .
Je reconnais les doc de chez LPEV mais j’avoue que je comprend beaucoup mieux acec vos explcations. Merci beaucoup vraiment pourle travail.
Merci à toi pour ce retour! ;-)
Hello
Bonjour madame je souhaite savoir si la détoxication de œstrogènes se fait à l hôpital où par une nutritionniste parce k j ai un déséquilibre hormonal dur à la prise du Clomid et depuis la prise je suis en surpoids (+15kg)et cela fait 4mois j ai plus mes règles sans être enceinte
Prenez contact avec moi
faites moi un mail veronique.duivon@orange.fr
et on se donnera rdv tel.
Nous en parlerons alors
Bien à vous