Bouffées de chaleur de la ménopause : comprendre leur origine physiologique

Les bouffées de chaleur sont probablement le symptôme le plus connu de la ménopause.

On estime qu’environ 65 à 70 % des femmes en souffrent au cours de la transition ménopausique.

Pour certaines, il s’agit de sensations passagères. Pour d’autres, ces épisodes peuvent être particulièrement intenses, parfois accompagnés de sueurs nocturnes, de troubles du sommeil ou de fatigue.

Pour comprendre ces manifestations, il est utile de revenir à la physiologie de la régulation thermique de l’organisme.

Le rôle central de l’hypothalamus

La température corporelle est régulée par un centre nerveux situé dans le cerveau : l’hypothalamus.

Cette petite structure cérébrale agit comme un véritable thermostat biologique.

Elle reçoit en permanence des informations provenant :

de la température corporelle interne
des thermorécepteurs cutanés
et de l’environnement extérieur.

Lorsque la température corporelle s’écarte de la valeur optimale, l’hypothalamus déclenche des réponses physiologiques destinées à rétablir l’équilibre.

En cas de chaleur, il provoque notamment :

la dilatation des vaisseaux sanguins de la peau
la transpiration.

À l’inverse, en cas de froid, il déclenche des mécanismes de conservation de la chaleur.

La « zone de neutralité thermique »

Chez une personne en bonne santé, le centre hypothalamique fonctionne dans ce que les physiologistes appellent une zone de neutralité thermique.

Cette zone correspond à une plage de température dans laquelle l’organisme ne déclenche ni sudation ni frissons.

Elle permet d’éviter des réactions thermiques excessives pour de petites variations de température.

Cette stabilité repose sur l’équilibre de plusieurs systèmes neurochimiques, notamment l’activité de certains neurotransmetteurs comme :

la sérotonine
la noradrénaline.

L’effet de la baisse des œstrogènes

Au moment de la ménopause, la diminution des œstrogènes modifie le fonctionnement de ce système de régulation.

Les œstrogènes exercent en effet plusieurs actions sur le cerveau :

ils influencent la synthèse de certains neurotransmetteurs
ils modulent l’activité des neurones hypothalamiques
ils participent à la régulation de la thermorégulation centrale.

Lorsque leur concentration chute, l’équilibre neurochimique du centre thermorégulateur devient plus instable.

La zone de neutralité thermique se rétrécit, ce qui signifie que de très petites variations de température peuvent déclencher une réponse de dissipation de chaleur.

Les bouffées de chaleur : une réaction de thermorégulation excessive

Dans ce contexte, une variation minime de la température corporelle peut provoquer une réponse disproportionnée de l’organisme.

L’hypothalamus déclenche alors brutalement :

une vasodilatation cutanée
une sensation intense de chaleur
une sudation.

C’est cette réaction qui est ressentie comme une bouffée de chaleur.

Ces épisodes durent généralement quelques minutes et peuvent se produire plusieurs fois par jour.

Le rôle des neurotransmetteurs

Plusieurs neurotransmetteurs interviennent dans ce mécanisme.

Les recherches suggèrent notamment l’implication :

de la sérotonine
de la noradrénaline
et de certains neurones hypothalamiques sensibles aux œstrogènes.

Ces modifications neurobiologiques expliquent pourquoi certaines approches thérapeutiques non hormonales agissent en modulant ces systèmes de neurotransmission.

Pourquoi certaines femmes sont plus touchées

Toutes les femmes ne présentent pas la même intensité de symptômes.

Plusieurs facteurs peuvent influencer la fréquence ou l’intensité des bouffées de chaleur :

la sensibilité individuelle du système nerveux
le statut hormonal
le stress
le mode de vie
ou certains facteurs génétiques.

Le stress, en particulier, peut accentuer l’instabilité du système nerveux autonome et favoriser l’apparition de ces épisodes.

Conclusion

Les bouffées de chaleur ne sont pas simplement une sensation subjective.

Elles résultent d’une modification du fonctionnement du centre thermorégulateur de l’hypothalamus, liée à la baisse des œstrogènes et aux changements neurochimiques qui en découlent.

Comprendre ces mécanismes permet de mieux appréhender les différentes stratégies thérapeutiques, qu’elles soient hormonales ou non hormonales.

Dans une approche intégrative de la santé féminine, la prise en charge des bouffées de chaleur s’inscrit généralement dans une réflexion plus globale sur l’équilibre hormonal, le système nerveux et l’hygiène de vie.

Véronique

6 commentaires

  1. Lilly 6 février 2020
  2. Emilie 17 janvier 2020
  3. Nathalie 26 novembre 2019
    • Véronique Duivon 26 novembre 2019

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