Lorsqu’un sportif consulte un naturopathe, la question des boissons énergétiques finit souvent par apparaître.
Les sportifs d’endurance — coureurs, cyclistes, triathlètes — utilisent fréquemment ces boissons pendant leurs entraînements ou leurs compétitions.
Certains se demandent alors :
ces boissons sont-elles réellement utiles, ou simplement marketing ?
La réponse est plus nuancée qu’on pourrait le croire.
Contrairement aux boissons énergisantes, souvent riches en stimulants, les boissons énergétiques destinées au sport d’endurance peuvent avoir un réel intérêt physiologique, à condition d’être utilisées dans un contexte adapté.
Boissons énergétiques et boissons énergisantes : ne pas confondre
Il est important de distinguer deux catégories très différentes.
Les boissons énergisantes contiennent généralement :
- caféine
- taurine
- stimulants divers.
Elles sont destinées à stimuler le système nerveux et ne sont pas adaptées à la pratique sportive.
Les boissons énergétiques, en revanche, ont un objectif différent :
soutenir l’organisme pendant l’effort prolongé.
Composition des boissons énergétiques
Les boissons énergétiques contiennent généralement :
de l’eau
pour compenser les pertes hydriques liées à la transpiration.
des glucides
glucose, fructose, maltodextrines, permettant d’apporter de l’énergie rapidement disponible.
des électrolytes
principalement sodium, mais aussi potassium et magnésium, afin de compenser les pertes minérales.
Certaines formulations contiennent également :
- vitamines du groupe B
- antioxydants
- acides aminés ramifiés (BCAA).
L’intérêt des glucides pendant l’effort
Lors d’un effort prolongé, les muscles utilisent principalement :
- le glycogène musculaire
- le glucose sanguin.
Lorsque ces réserves diminuent, l’organisme peut produire du glucose à partir d’autres substrats : c’est la néoglucogenèse.
Ce processus mobilise notamment des acides aminés et s’accompagne d’une augmentation du cortisol.
L’apport de glucides pendant l’effort permet de limiter cette réponse hormonale et de préserver les réserves énergétiques.
Le rôle du cortisol dans l’effort prolongé
Le cortisol est une hormone produite par les glandes surrénales.
Son rôle principal est de maintenir la glycémie lorsque les réserves énergétiques diminuent.
Lors d’un effort prolongé, la sécrétion de cortisol augmente afin de mobiliser différentes sources d’énergie.
Lorsque cette situation se répète trop souvent, un excès de cortisol peut contribuer :
- à une fatigue accrue
- à une récupération plus lente
- à une baisse des défenses immunitaires.
L’apport de glucides pendant l’effort peut contribuer à limiter cette réponse hormonale excessive.
Effort d’endurance et intestin
L’effort prolongé provoque également des adaptations circulatoires importantes.
Pendant l’exercice, le flux sanguin est dirigé en priorité vers :
- les muscles
- le cœur
- la peau.
La circulation vers le système digestif diminue alors fortement.
Cette diminution de l’irrigation digestive peut fragiliser la muqueuse intestinale.
Après l’effort, le retour du flux sanguin s’accompagne d’une production importante de radicaux libres.
Ces phénomènes peuvent favoriser des troubles digestifs chez certains sportifs.
L’intérêt métabolique des glucides pendant l’effort
L’apport de glucides pendant l’effort ne sert pas seulement à soutenir la performance.
Il contribue aussi à :
- limiter le stress métabolique
- préserver les réserves musculaires
- soutenir la fonction intestinale
- maintenir un niveau d’énergie stable.
Dans les épreuves d’endurance prolongées, ces apports peuvent donc jouer un rôle protecteur pour l’organisme.
Le rôle des mitochondries dans la production d’énergie
Au niveau cellulaire, l’énergie utilisée par les muscles est produite dans les mitochondries.
Ces structures microscopiques transforment les nutriments en ATP, la molécule qui alimente l’activité musculaire.
Lorsque les réserves de glucose sont suffisantes, la production d’énergie se fait de manière plus efficace.
En revanche, lorsque l’organisme manque de carburant, le métabolisme devient plus coûteux et génère davantage de stress physiologique.
Les boissons énergétiques sont-elles indispensables ?
Pour un effort court ou modéré, une hydratation simple peut suffire.
En revanche, lors d’épreuves d’endurance prolongées, l’apport de glucides et d’électrolytes peut s’avérer utile.
Comme souvent en naturopathie, la question n’est pas de savoir si un outil est bon ou mauvais.
Il s’agit plutôt de comprendre dans quel contexte il devient pertinent.
À retenir
Les boissons énergétiques peuvent présenter un intérêt physiologique dans certaines situations, notamment lors d’efforts d’endurance prolongés.
Elles permettent :
- de maintenir l’hydratation
- d’apporter de l’énergie rapidement disponible
- de limiter certaines réponses hormonales liées à l’effort.
Mais elles ne remplacent pas les fondamentaux :
- une alimentation équilibrée
- une récupération suffisante
- une gestion adaptée de la charge d’entraînement.

Bonjour Véronique,
Merci pour cet article très intéressant.
Je me posais toutefois une question concernant la composition de la boisson énergique du cas n°1 : de quel type de sucre s’agit-il pour les 30g? un sucre de canne mi-complet serait-il adéquat?
Je vous remercie,
Valène
Un sucre complet serait effectivement parfait! Sportivement votre!!!!