La confusion entre aliments contenant des levures et aliments lactofermentés est fréquente lorsqu’on parle de candidose digestive.
Sylvie, une de mes fidèles lectrices, m’a récemment posé cette excellente question :
« Je souffre de candidose digestive et j’ai entendu dire qu’il faut éviter les aliments contenant des levures. Mais alors, que faire avec les aliments lactofermentés ? Sont-ils aussi à bannir ? »
La question est pertinente, car ces deux types d’aliments sont souvent confondus alors qu’ils reposent sur des processus microbiologiques très différents.
Prenons le temps de clarifier cela.
Les aliments contenant des levures : à limiter en cas de candidose
Les levures sont des micro-organismes appartenant au règne des champignons, tout comme le Candida.
La levure la plus utilisée en alimentation est Saccharomyces cerevisiae, employée notamment dans la panification et la fabrication de boissons fermentées.
Chez certaines personnes souffrant de candidose digestive, la consommation régulière d’aliments riches en levures peut contribuer à entretenir un terrain fongique déséquilibré.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une relation directe, mais plutôt d’un terrain digestif déjà fragilisé, où les micro-organismes de type fongique peuvent devenir dominants.
Dans ce contexte, il est souvent conseillé de limiter :
Pain et produits de boulangerie
Pain à base de levure boulangère
Pizzas et pâtes levées
Viennoiseries
Boissons fermentées avec levures
Bière
Vin
Cidre
Certains produits industriels
Cubes de bouillon contenant des extraits de levure
Compléments alimentaires à base de levure de bière
Les aliments lactofermentés : un mécanisme différent
La lactofermentation repose sur un processus complètement différent.
Dans ce cas, ce ne sont pas des levures qui interviennent, mais des bactéries lactiques, appartenant notamment aux genres :
Lactobacillus
Leuconostoc
Pediococcus
Ces bactéries transforment les sucres naturellement présents dans les aliments en acide lactique, ce qui permet :
de conserver les aliments
de limiter la prolifération de microbes pathogènes
et de produire des composés bénéfiques pour l’équilibre intestinal.
Parmi les aliments lactofermentés les plus connus :
choucroute crue
kimchi
légumes lactofermentés
cornichons fermentés
Ces aliments sont naturellement riches en micro-organismes vivants susceptibles de soutenir la diversité du microbiote intestinal.
Pourquoi privilégier les produits non pasteurisés
Pour que les aliments lactofermentés apportent réellement des micro-organismes bénéfiques, ils doivent être non pasteurisés.
La pasteurisation détruit en effet la majorité des bactéries vivantes, y compris les bactéries lactiques responsables des effets bénéfiques sur le microbiote.
C’est pourquoi il est préférable de choisir :
des produits artisanaux
des produits vendus au rayon frais
ou de réaliser ses propres fermentations à la maison.
Introduire les aliments fermentés progressivement
Même si les aliments lactofermentés peuvent être bénéfiques, il est important de les introduire progressivement.
Chez certaines personnes souffrant de candidose ou de dysbiose digestive, une introduction trop rapide peut provoquer :
ballonnements
gaz
inconfort digestif.
Il est donc préférable de commencer par de petites quantités, afin d’évaluer la tolérance digestive.
Les aliments qui favorisent indirectement la candidose
Au-delà de la question des levures, certains aliments favorisent la prolifération du Candida de manière indirecte, notamment en apportant des sucres rapidement disponibles.
Il est préférable de limiter :
Sucres simples
sucre blanc
sirops
confiseries
pâtisseries
Produits céréaliers raffinés
farines blanches
produits industriels
Certains aliments très riches en glucides fermentescibles lorsqu’ils sont consommés en excès.
Les alternatives alimentaires intéressantes
Dans une approche nutritionnelle visant à limiter la prolifération du Candida, il peut être utile de privilégier :
Huiles de qualité
huile d’olive
huile de coco
Protéines de bonne qualité
œufs
poissons
viandes maigres
Légumes variés
courgettes
concombres
brocolis
légumes verts en général
Oléagineux
amandes
noix
noisettes
Ces aliments permettent de stabiliser la glycémie et de limiter l’apport de sucres rapidement fermentescibles.
À retenir
Levures alimentaires : souvent à limiter dans un contexte de candidose digestive.
Lactofermentation : processus différent, généralement bénéfique pour soutenir l’équilibre du microbiote intestinal, à condition d’être bien tolérée.
Comme souvent en nutrition fonctionnelle, tout dépend du terrain digestif et de la tolérance individuelle.
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À très bientôt pour la suite ;-)
Véronique
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Bonjour Véronique,
Les aliments lactofermentés sont acides, peut-on les consommer avant un repas contenant des féculents ?
Dans la médecine Chinoise, il est fréquent de mélanger des céréales avec des fruits séchés sous forme de gruau. Est ce une bonne association ?
Merci pour votre retour.
Très très intéressante votre question, Hélène. Merci :-) Et avant d’y répondre, j’en profite pour un petit rappel sur la différence entre aliment acide et aliment acidifiant :
Les aliments lactofermentés ne sont pas naturellement acides dans le sens chimique du terme (leur pH est effectivement faible, souvent entre 3 et 4, ce qui les classe comme “acides”) . Cependant, cela ne signifie pas qu’ils sont acidifiants pour l’organisme, et c’est là une distinction essentielle.
Alors, sont-ils acides ou pas ?
Oui, les aliments lactofermentés sont des acides car la fermentation produit des acides organiques comme l’acide lactique, qui abaisse leur pH. C’est ce qui leur donne leur goût légèrement piquant et leur permet de se conserver naturellement.
Et sont-ils acidifiants pour l’organisme ?
Non, les aliments lactofermentés ne sont pas acidifiants, au contraire :
Ils ont tendance à être alcalinisants , car ils contiennent des minéraux basifiants comme entre autres le potassium, qui compensent largement leur acidité.
Leur digestion et leur assimilation révèlent un équilibre acido-basique plutôt neutre ou légèrement basique dans l’organisme.
Et pourquoi cette confusion existe ?
En fait, certaines personnes associent l’acidité gustative ou chimique d’un aliment à son effet acidifiant sur le corps. Or, ce n’est pas le cas. Les aliments acidifiants (comme la viande, le sucre raffiné, ou les produits transformés) perturbent l’équilibre acido-basique en générant des résidus métaboliques acides, ce qui n’est pas le cas des aliments lactofermentés.
En conclusion :
Acides ? Oui, au goût et en pH.
Acidifiants ? Non, ils sont même souvent alcalinisants et bénéfiques pour l’équilibre acido-basique.
En plus de leurs effets sur cet équilibre, les aliments lactofermentés sont riches en probiotiques, ce qui améliore la digestion et réduit les déséquilibres intestinaux, facteurs eux-mêmes souvent impliqués dans une surcharge acidifiante.
Ces précisions étant faites, je recommanderais plutôt, dans une démarche visant à optimiser la digestion et à rééquilibrer les fonctions des organes digestifs, d’espacer d’au moins 20 minutes la consommation d’aliments acides de celle de féculents..
Bien à vous, et merci encore pour cette question !