Ce qui se joue vraiment, quand tout semble vaciller
« Je fais tout comme il faut… et pourtant, je ne me reconnais plus. »
Cette phrase, je l’entends très souvent chez les personnes engagées dans un sevrage d’anxiolytiques ou d’antidépresseurs.
Le traitement a été diminué progressivement.
Le rythme est respecté.
La décision est mûrement réfléchie.
Et pourtant…
L’anxiété revient par vagues.
Le sommeil devient instable.
Les émotions débordent.
Le corps semble hypersensible.
Et une question surgit, lancinante :
“Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?”
La réponse est souvent plus simple — et plus rassurante — qu’il n’y paraît.
Le sevrage n’est pas un échec. C’est une transition neurologique.
Lorsque l’on parle de “chimie cérébrale”, on imagine souvent un manque, un déséquilibre, quelque chose qu’il faudrait corriger de toute urgence.
Mais en réalité, le sevrage n’est pas une panne.
C’est une phase de réadaptation.
Pendant parfois des mois — parfois plus longtemps — le cerveau s’est adapté à la présence du médicament.
Il a ajusté ses récepteurs, ses circuits, ses rythmes internes.
Lorsque la molécule diminue, il doit réapprendre à fonctionner sans elle.
Et cela ne se fait ni instantanément, ni linéairement.
Neurotransmetteurs : pas des “molécules du bonheur”, mais des régulateurs
Dans le cerveau, les neurones communiquent grâce à des messagers chimiques appelés neurotransmetteurs.
Parmi les plus connus :
- Le GABA, véritable frein du système nerveux
- Le glutamate, principal accélérateur
- La sérotonine, qui module l’humeur, l’anxiété, le sommeil
- La dopamine, impliquée dans l’élan, la motivation
- La noradrénaline, liée à la vigilance et à l’adaptation au stress
Ce qui compte, ce n’est pas leur “quantité”, mais la manière dont le cerveau y répond.
Or, les psychotropes modifient profondément cette réponse.
Ce que les médicaments ont changé — sans que vous le sachiez
Les anxiolytiques de type benzodiazépines renforcent artificiellement l’effet calmant du GABA.
Les antidépresseurs augmentent la disponibilité de certains neurotransmetteurs dans la synapse.
Avec le temps, le cerveau s’adapte.
Il réduit la sensibilité de certains récepteurs.
Il modifie ses équilibres internes.
Il s’ajuste… pour fonctionner avec la molécule.
Lors du sevrage, ces adaptations deviennent visibles.
Ce que vous ressentez alors — agitation, fatigue, troubles du sommeil, émotions à fleur de peau — n’est pas un retour en arrière.
C’est un système nerveux en réorganisation.
Quand le système nerveux devient hypersensible
En sevrage, le système nerveux autonome peut perdre temporairement sa capacité d’autorégulation.
On observe alors :
- une hypervigilance
- une intolérance au stress
- des sensations physiques inhabituelles
- une fatigue profonde, parfois incomprise
- une impression de “ne plus être soi-même”
Ce n’est pas une fragilité psychologique.
C’est une hypersensibilité neurobiologique transitoire.
Et surtout : réversible.
Le cerveau a besoin de sécurité, pas de performance
C’est ici que beaucoup de personnes se mettent en difficulté.
Elles veulent “tenir”.
Elles veulent “aller au bout”.
Elles veulent “ne pas rechuter”.
Mais le cerveau, lui, a besoin d’un autre message :
Tu es en sécurité. Tu peux ralentir.
Un sevrage réussi n’est pas un sevrage rapide.
C’est un sevrage suffisamment doux pour permettre la réparation.
La place de l’accompagnement naturel
L’approche naturopathique, lorsqu’elle est bien menée, ne cherche pas à forcer quoi que ce soit.
Elle vise à :
- apaiser l’hyperexcitabilité du système nerveux
- soutenir les rythmes biologiques
- accompagner le sommeil sans le contraindre
- réduire la charge inflammatoire et oxydative
- offrir au cerveau un environnement favorable à sa plasticité
Plantes, micronutrition, hygiène de vie, gestion du stress…
Chaque levier est utilisé avec discernement, en respectant le temps neurologique.
Vous n’êtes pas “trop fragile”. Vous êtes en train de vous réparer.
C’est sans doute le message le plus important.
Les difficultés rencontrées lors d’un sevrage ne disent rien de votre valeur, ni de votre solidité psychique.
Elles disent simplement que votre système nerveux est en train de retrouver son autonomie.
Et cela demande :
- du temps
- de la progressivité
- de la bienveillance
- et parfois, un accompagnement éclairé
En conclusion
La chimie cérébrale n’est pas un ennemi à combattre.
C’est un équilibre à restaurer.
Le sevrage n’est pas une chute.
C’est un passage.
Et avec le bon rythme, le bon cadre, et une compréhension fine de ce qui se joue, le cerveau peut — et sait — retrouver sa stabilité.
Véronique
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Je souhaite commencer le sevrage de 5 mg de tranxene .j’aimerai être accompagnée. Comment prendre rdv avec vous. Je prends aussi de l’anagraniil ,1 de 75 le matin et 1 de 75 le soir.cela fait 3 an s que l,on m’a prescrit ce traitement pour dépression cause par une hyerthyroïdie
. Je pens su levothyrox 100 et 112,5 un jour sur deux.
Bonjour Leal, prenez contact avec moi via ma page “me contacter” dont le lien se trouve tout en bas de votre écran (il faut fermer le bandeau “protection des données” pour voir ce lien). Bien à vous.
bonjour je prend du seropram 20mg es ce que je peux l arreter progressivement .je vous remercie d avance bonne journeé
Bonjour Francine, pour quelle raison votre médecin (généraliste ou psychiatre) vous a t il prescrit ce médicament?
Intéressant.
Il existe des manuels sur le sevrage sur internet mais c’est vrai qu’ils ne parlent pas de nutrition et de compléments, ou très peu.
Merci :-) Ce manuel de sevrage ne parle pas que de micronutrition et de plantes. Il explique aussi les paramètres organiques à vérifier (et à réajuster si besoin…en expliquant comment s’y prendre) afin de permettre un sevrage facile et qui tient dans le temps. L’inflammation est par exemple un frein à l’équilibre général (dont l’équilibre psychique), tout comme les problèmes thyroïde, etc.